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Une invitation au voyage

Bloc Lanctot

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«Mon enfant, ma sœur/Songe à la douceur/d’aller là-bas vivre ensemble/Aimer à loisir/Aimer et mourir/Au pays qui te ressemble», écrivait le poète Baudelaire dans son Invitation au voyage.

Pierre Graveline a décidé de nous inviter à revivre son rêve de jeunesse, qui l’a marqué pour la vie, celui de ses dix-neuf ans, alors que le Québec émerge à peine de la crise d’Octobre. Il a été des quelque cinq cents personnes arrêtées arbitrairement dans la nuit du 15 au 16 octobre 1970. L’année suivante, il décroche et part à l’aventure vers les vieux pays. Avec quelques dollars en poche et une carte du monde.

Nous sommes en pleine vague hippie, les uns partent vers San Francisco, mais de moins en moins, les autres, de plus en plus, vers Amsterdam, le seul endroit où fumer un joint publiquement est permis. C’est là qu’atterrit l’apprenti voyageur «ivre de liberté». Mais Amsterdam, malgré ses multiples charmes, est pluvieuse et notre «Tintin des temps modernes» décide de partir vers des cieux plus cléments.

L’aventure n’est jamais un chemin rectiligne et monotone. Graveline parcourra des milliers de kilomètres, en auto-stop le plus souvent, mais aussi à bord de trains et d’autocars poussifs, et même d’une rutilante Ferrari où un riche Italien l’entraîne vers Venise.

Coup de foudre

Onze jours et onze nuits plus tard, après avoir parcouru trois mille kilomètres et traversé neuf frontières, notre voyageur arrive en Turquie, dont la première ville est la seule à «posséder trois patronymes: Byzance, Constantinople et Istanbul». Ce sera le coup de foudre. Dépaysement total. Il y demeurera quelques semaines, nous faisant partager l’histoire de ce pays «situé à cheval sur l’Europe et l’Asie, passage obligé de toutes les invasions, conquêtes et autres croisades».

La solitude est bien belle, mais il faut quelqu’un avec qui la partager… Voilà que le solitaire voyageur a joint un «insolite troupeau d’apparence extraterrestre». Ils sont maintenant «neuf jeunes hurluberlus» à voyager, qui vers l’Afghanistan rêvé, qui vers le Pakistan, «éden de l’héroïne bon marché», traversant l’Iran du Shah persan, puis le Turkménistan, en plein territoire chiite, sautant «à pieds joints du XXe siècle au Moyen Âge», le tout entrecoupé de rencontres frivoles ou sérieuses comme ce Canadien anglais mal embouché qu’il surprend à médire des Québécois qu’il traite de «xénophobes aux attitudes tribales». À Kandahar, ni talibans, ni soldats occidentaux lourdement armés, ni femmes voilées. Les graines du fascisme islamiste n’ont pas encore été semées par les fous de dieu et l’étranger peut y circuler librement, sans crainte d’être enlevé, rançonné ou décapité. Puis Kaboul, Jalalabad, Islamabad, la capitale du Pakistan, à bord d’une vieille coccinelle jaune pilotée par deux jolies Françaises, «sur les traces de Darius, d’Alexandre le Grand, de Gengis Khan et des légendaires caravanes de l’antique route de la soie», pour arriver en Inde qui vient d’entrer en guerre contre le Pakistan. Ce sera ensuite la lente traversée de l’Inde, «dans des paysages d’une luxuriante beauté tropicale» où dormir à la belle étoile s’impose, traversant à pied, sur plus de sept cent soixante kilomètres, des cités dont l’«histoire remonte à des temps immémoriaux».

La suite, vous la connaîtrez en lisant ce récit de voyage palpitant. Émerveillement garanti.

 

 

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