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Vers un ordre professionnel des enseignants ?

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Ce n'est pas un secret : alors qu'auparavant l'enseignant était un modèle, un guide, quelqu'un pour qui on avait de l'estime et surtout en qui on avait confiance, il est devenu au fil du temps celui qu’on considère comme un « animateur » qui éduque et « garde » les enfants, les « gère », pratiquement ! Pourtant, un enseignant n’est ni un animateur de camps de vacances ni un éducateur en garderie : un enseignant est un professionnel qui a dix-sept ans de formation, dont quatre années de scolarité universitaire. Plusieurs suggèrent, dont le gouvernement actuel, qu’un ordre professionnel devrait être créé, entre autres pour revaloriser la profession d’enseignant. Nous entendons souvent « Vous voulez être considérés comme des professionnels, hé bien, devenez-en ! » La mise sur pied d’un ordre professionnel serait-elle donc un miracle pour les enseignants, résolvant tous leurs problèmes ? Est-ce qu’une structure supplémentaire — en plus de celles par exemple des commissions scolaires, du ministère de l’Éducation et des syndicats d’enseignement — fera en sorte que nos enseignants soient véritablement considérés comme professionnels ? Ne le sont-ils pas déjà, même sans ordre ? Qui sont les professionnels de l’éducation si ce ne sont pas les enseignants qui sont quarante heures par semaine sur le terrain ? Un enseignant est un professionnel de l’éducation, et ce, même sans ordre professionnel.

 

Trop de structures ne résultent-elles pas en moins d’autonomie pour ceux qui sont déjà des professionnels de l’éducation ? En 2004, déjà, les enseignants de la FSE (Fédération des syndicats de l’enseignement du Québec) tenaient un référendum auprès de ses membres, pour sonder la volonté des enseignants à se doter d’un ordre professionnel : 94,7 % des 54 000 répondants s’y étaient opposés. Pourquoi les résultats changeraient-ils près de dix ans plus tard ? Le débat a tout de même lieu depuis 1979, alors que deux groupes d’enseignants demandaient la création d’un ordre professionnel. Cependant, l’Office des professions du Québec (OPQ) a rejeté leur demande  «puisqu’aucun danger évident de préjudice envers le public » n’était démontré. En 2003, c’est le Parti libéral du Québec qui inscrivait la création d’un ordre professionnel enseignant au programme du parti et en 2013, François Legault revenait à la charge avec le programme de la Coalition Avenir Québec.

 

Il est bon de rappeler qu’un ordre professionnel doit « protéger » le public. La population est-elle vraiment en « danger » sans ordre professionnel des enseignants ? Est-ce qu’il y a un ordre professionnel des politiciens ?  Les enfants et les jeunes courent-ils de grands risques, de la part de leurs professeurs, à l’école ? Les enseignants sont déjà jugés par leurs directeurs d’établissement, les parents, leur commission scolaire et leur ministère : est-ce qu’il y a vraiment des problématiques qui exigent l’établissement d’un ordre ? Si l’ordre venait à exister, verrait-on émerger des situations telles que la radiation d’un enseignant ? Si oui, sous quels motifs ? Ce n’est pas que de valoriser les enseignants que de mettre sur pied une nouvelle structure.  Valoriser les enseignants, c’est d’abord de respecter collectivement leur travail et accorder à l’éducation l’importance qu’elle mérite. Commençons par se dire qu’enseigner, c’est beaucoup plus que de « s'occuper des enfants » de la « garder » ou « qu’éduquer des adolescents » ou « remettre sur le droit chemin » des adultes qui reprennent les études. Un enseignant doit enseigner, c’est-à-dire transmettre des savoirs et des connaissances, éduquer les enfants, c’est une tâche dont les parents et la famille doivent combler, et non l’enseignant ou l’école, chose que plusieurs semblent avoir oublié au fil des années. Nous devons trouver un juste milieu, soit une réalité où les parents et les enseignants collaboreraient dans l’objectif commun d’offrir la meilleure éducation qui soit à l’enfant. Ça, ce serait une bonne réforme de l’éducation.

12 commentaire(s)

holosan dit :
29 septembre 2014 à 7 h 22 min

l’Office des professions du Québec a aussi déclaré que tout ce que faisait un ordre professionnel pour des professions similaires à l'enseignement était déjà fait par d'autres acteurs comme les directeurs d'écoles, les commissions scolaires, les universités pour la formation, etc.

Le ministre veut se débarrasser des commissions scolaires et donc la fonction supervision qui est la sienne puisqu'elles sont les employeurs sera confié à l'ordre. Et le plus beau, c'est qu'un ordre est financé par les enseignants! Les profs paieraient de leurs poches la «police» qui protège le public d'eux-mêmes. Les profs paieraient pour avoir le droit de travailler.

On a déjà des tonnes d'enseignants qui décrochent quand ils sont jeunes, une autre tonne qui tombe en burnout plus tard et une méchante gang qui veulent partir à la retraite le plus vite quitte à être pénalisé durant toute leur retraite. Est-ce que l'ordre va venir améliorer ça? pantoute.

Comment vont-ils évaluer une profession intangible comme l'enseignement? C'est du n'importe quoi idéologique libéral populiste comme d'habitude.

mat dit :
29 septembre 2014 à 7 h 28 min

y pas assez de bureaucratie c'est pourquoi on va créer un ordre ?????????? pour donner de l'emploi a plusieurs et surtout RAMASSER BEAUCOUP DE CONTRIBUTIONS ...

Denis dit :
29 septembre 2014 à 8 h 22 min

Basé sur votre argumentaire les autres ordres professionnelles sont aussi inutiles. Actuellement l'ordre qui gère cette profession est le syndicat donc vraiment pas certain que leurs but premier est d'améliorer la qualité de l'enseignements mais plutôt protéger leurs acquis. Trouvez vous normal qu'un prof incompétent fasse une carrière dans l'enseignement et puisse se rendre à sa retraite, les directeurs d'école sont impuissant face à eux ? Trouvez vous normal qu'a cause de la sacro-sainte règle d'ancienneté syndicale un prof de géographie soit muté à prof de mathématique au détriment des élèves ?

Jacques Leduc dit :
29 septembre 2014 à 8 h 26 min

Un ordre professionnel ne permettra pas un financement adéquat, ne diminuera pas la moyenne d'élèves dans les classes et ne pourra renverser la scandaleuse tendance de la privatisation de l'école publique.

larry dit :
29 septembre 2014 à 8 h 55 min

Je vous ferais remarquer qu'il y a un Ordre des ingénieurs et cela à t'il protéger le public contre la corruption et les collusions des firmes d'ingénieurs tout le contraire en observant la parade des Zinzins devant la commission Charbonneau. Il y a des antisyndicaleux qui pense que l'Ordre remplacerait les syndicats, il faut rien connaitre à la réalité québécoise pour penser cela.

Rienquemoi dit :
29 septembre 2014 à 10 h 50 min

Je m'oppose à ce projet pour une toute autre raison. En principe, les ordres professionnels (médecins, etc.), doivent protéger le public, mais en pratique, on le sait, ils protègent les intérêts de leurs membres. Pas besoin de plus de ça alors qu'il y a déjà des syndicats qui le font très bien.

Jacques Tondreau dit :
29 septembre 2014 à 12 h 38 min

Depuis la décision de l'Office des professions du Québec en 2002, le système scolaire s'est doté d'encore plus de mesures afin d'assurer la protection du public (dans le cas présent, les élèves): en 2005, on met en place la vérification des antécédents judiciaires du personnel des établissements scolaires; en 2008, mise en place d'un protecteur de l'élève dans les commissions scolaires; en 2011, mise en place d'un plan de lutte contre la violence et l’intimidation dans chaque école. Il n'y pas d'ordre professionnel au Québec qui ait fait autant et en si peu de temps pour assurer la protection "du public". Comme quoi, le système d'éducation et le personnel qui y travaille ont à cœur la protection des élèves, et ce, sans ordre professionnel.

Vincent Beaucher dit :
29 septembre 2014 à 12 h 56 min

Votre billet part sur une prémisse intéressante. Puis se termine dans une orgie de sophismes empreinte d'un discours révolu teinté de frustration.

En passant, la mission de l'école, c'est instruire, socialiser et qualifier, pas juste remplir des cruches vides.

M.Poupore dit :
29 septembre 2014 à 13 h 01 min

Si j'ai bien compris vous appuyez le statu quo?

À mon avis, la création d' un ordre professionnel ou d' une corporation d'enseignants ne relève pas d'une décision syndicale et ne devrait pas se limiter à l'enseignement public.

Il existe des problèmes à l'extérieur des frontières de l'école publique qui méritent attention. Sans ordre professionnel (corporation ou association) n'importe qui dans le secteur privé peut s'improviser tuteur, formateur, moniteur, enseignant. Les offres de services extrascolaires pullulent. Les qualifications des personnes offrant ces services laissent souvent à désirer. Les salaires ne sont pas règlementés. Le public n'est pas protègé.

Réjean Guay dit :
29 septembre 2014 à 15 h 18 min

Un ordre professionnel . . . encore ça ? Décidément , les libéraux pigent dans les idées réactionnaires et fortement démagogiques de la pauvre CAQ . Pas drôle de se faire piquer ses idées d'même ! Un ordre professionnel pour les enseignants , l'abolition possible des commissions scolaires , voilà quelques ballons lancés par le médecin - homme politique afin de les tester . L'ancien premier ministre , Daniel Johnson père , disait qu'une des conditions pour qu'un ministre garde son poste est que ce ministre garde la confiance de son secteur ministériel . Croyez-vous que le médecin et député-ministre Bolduc garde son poste encore longtemps ? Par ailleurs , à regarder le bilan des ordres professionnels des enseignants de l'Ontario et de la Colombie-Britannique , c'est légitime de douter de la pertinence d'un ordre du genre pour le Québec ; seuls les revanchards sont d'avis . Est-ce que l'Ordre des ingénieurs ou le Collège des médecins sont une garantie d'une éthique à toute épreuce ? Allons , laissez les enseignants enseigner leur matière ! C'est tout ce qu'ils demandent

Samuel dit :
29 septembre 2014 à 19 h 54 min

Merci M. Guay. C'est bien tout ce que je veux faire : être payé pour enseigner mes matières. Pas être psychologue, technicien en loisir, psychoéducateur ou gardienne. Juste éduquer. Simplement, instruire. Ce pourquoi j'ai été formé à l'université quoi! Maintenant, je retourne à ma planif! (Hé oui, on travaille même à la maison les profs!)

pocketchuck dit :
29 septembre 2014 à 20 h 12 min

Arrêtez de faire dans le sentimental et le touchant. La société ne réfléchie pas et le collectif le fait très rarement. Faut arrêter de se mettre la tête dans le sable et vouloir valoriser la profession au sens noble du terme. Moi je dis; contrôlez le nombre de finissants en éducation dans toutes les universités québécoise et vous contrôlerez la qualité de vie de vos 'membres/collègues'. Tant et aussi longtemps que l'offre dépassera de loin la demande, il va toujours y avoir un bon enseignant pour en remplacer un autre. C'est la, la réelle valorisation; rendre la profession rare. Demandez au collège des médecins, a l'ordre des psychologues, au barreau du Québec... The less, the best! Les meilleurs seulement parce que c'est ce que la société mérite! ;)