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Une leçon de création

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Le même jour, lundi dernier, Prince, 56 ans, a lancé deux nouveaux albums, Art Official Age et Plectrumelectum.

Le même jour, lundi dernier, Prince, 56 ans, a lancé deux nouveaux albums, Art Official Age et Plectrumelectum.

Deux CD donc; le premier a été réalisé en studio; s’appuyant largement sur le contexte, les effets sonores, le montage, particulièrement les pistes vocales, les synthétiseurs, les boîtes à rythmes, le son. Des chansons telles What It Feels découvrent sans l’ombre d’un doute le flirt avec l’«urban music».

Minimaliste dans la facture musicale, mais terriblement bien foutu et efficace dans la réalisation, Prince s’invite sur le terrain de Jay-Z et Pharrell.

Pour la forme; pas vraiment de composition, misant tout au montage sur la mélodie vocale et le décalage choral, coiffé d’un concept futuriste plutôt flou sur la sexualité, le plaisir, le sens de la vie dans un nouveau monde transformé par le progrès scientifique et technique (affirmation I, II & III).

Rien d’éblouissant qui laisse sans voix, mais un travail méticuleux, soigné, ciselé, qui pousse même l’audace de conclure sur du New-Age pop à la Enya. À prendre au second degré.

Sans pousser au procès d’intention, Prince en retournant à la Warner accepte de livrer une œuvre originale, bien foutue, sur mesure pour un certain format radiophonique, démontrant avec une habileté consommée qu’il peut surpasser un genre dérivé qu’il a contribué à faire évoluer. Cela va plaire à un public branché, multigénérationnel, au goût européen.

Par contre, le second est tout l’opposé, avec des chansons faites pour exécution publique, pour des instrumentistes avec des soli de guitare flamboyants, à la Hendrix, Zappa, Blackmore ou Leslie West. Ce qu’il affiche depuis Purple Rain et quand cela lui plaît. Il en met plein la vue, même quand des thèmes rock ou riffs classiques sont empruntés à Alice Cooper (PRETZELBODYLOGIC), Hawkwind, Deep Purple ou Mountain (PLECTRUM-ELECTRUM). Mais digne successeur de Sly and The Family Stone (TICTACTOE) ou Shuggie Otis (Stop This Train), il emprunte un court détour pour les saluer. Observateur attentif, il n’hésite pas en plus à s’inspirer de l’actualité pertinente, les Foo Fighters (MARZ) voire Kid Rock (BOYTROUBLE). De fait, un CD double pour un retour sans complaisance ni nostalgie. Une leçon pour ceux qui abandonnent beaucoup trop tôt la nécessité de créer et de se confronter.

 

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