/opinion/columnists
Navigation

L’incurie de la SAQ, côté bio

Coup d'oeil sur cet article

C’est le même petit cirque tous les samedis lorsque je me présente dans une succursale de la SAQ, à la recherche d’une bonne bouteille. Je demande qu’on m’indique la section des vins bios en faisant mine de ne pas savoir qu’elle a été fermée récemment… et le conseiller de la SAQ me regarde systématiquement avec ce que j’appellerai ici un léger agacement.

C’est le même petit cirque tous les samedis lorsque je me présente dans une succursale de la SAQ, à la recherche d’une bonne bouteille. Je demande qu’on m’indique la section des vins bios en faisant mine de ne pas savoir qu’elle a été fermée récemment… et le conseiller de la SAQ me regarde systématiquement avec ce que j’appellerai ici un léger agacement.

Toujours le même agacement, à la grandeur du Québec. Bizarre. Apprend-t-on aux commis qu’à cette question, vous répondrez par un léger agacement? En tout cas, j’avoue ne pas trop comprendre l’incurie de la SAQ, côté bio.

La production de fruits est l’activité agricole qui utilise le plus de produits chimiques. La vigne couvre 3% des surfaces cultivées en France, mais utilise 20% des pesticides. Ainsi, les raisins figurent parmi les aliments les plus fortement contaminés par des résidus d’herbicides, fongicides ou insecticides.

D’après l’agronome réputé Claude Bourguignon, certains vignerons auraient tellement utilisé de pesticide dans les trente dernières années que leurs terroirs autrefois réputés ont désormais une vie microbienne moins riche que le désert du Sahara. Il considère que ces terroirs sont morts (c’est précisément ce que signifie le suffixe –cide d’ailleurs; MORT).

Risques pour la santé

Le taux de cancer des testicules et de la prostate est beaucoup plus élevé chez les viticulteurs conventionnels que dans le reste de la population. Le risque de tumeur cérébrale est doublé lorsqu’ils utilisent des –cides. On a démontré une «surmortalité significative» par le cancer des ganglions chez les viticulteurs de Poitou Charente. Et la liste des affections associées aux pesticides par l’OMS est longue: atteintes neurologiques, atteintes du système cardiovasculaire, atteinte des fonctions sexuelles, perturbations hormonales, maladies neurodégénératives, leucémies, etc. Ça vous donne le goût d’un petit verre, vous ?

L’iprodione, par exemple, une substance interdite en Europe a quand même été détectée, 10 g/l dans un Santenay premier cru, 20 dans un Lalande de Pomerol, 140 dans un Pessac et 586 dans un vin du Chili. On a trouvé jusqu’à 10 pesticides différents dans certains vins conventionnels et des niveaux de contamination 5800 fois plus élevés que dans l’eau du robinet!

300 vins bios sur 10 000

On ne trouve aujourd’hui que 300 vins bios sur 10 000 à la SAQ, ce qui équivaut à… 0.03% de l’offre! Un spécialiste affirme sur le blog de notre société d’État que la vérité est dans le verre et que c’est le goût qui importe. Gros gros malaise.

Paresse intellectuelle? Manque d’information? Léger retard sur l’époque? Le bio est pourtant une tendance de fond de la consommation de vins. En France, en Italie et en Espagne, les ventes progressent de 50% chaque année. En voyage dans le Pyrénées cet été, j’ai compté une quantité impressionnante de domaines qui affichent leurs certifications Ecocert, Demeter, Ecologica, Nature et Progrès, AB, etc.

La SAQ est une société d’État. Elle nous appartient. Elle a le devoir de participer au progrès, de veiller à l’intérêt général. Si la Californie a banni les sacs de plastique, je ne vois pas pourquoi notre SAQ ne deviendrait pas bientôt une enseigne 100% bio.

Commentaires