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Appel d'offres bidon | Contrat informatique

Les dés pipés du DGEQ

Le Directeur général des élections du Québec a ciblé un seul fournisseur dans un appel d’offres

Le bâtiment abritant les bureaux du DGEQ est situé dans l’Édifice René-Lévesque sur la rue de La Pérade à Québec.
Photo d'archives Le bâtiment abritant les bureaux du DGEQ est situé dans l’Édifice René-Lévesque sur la rue de La Pérade à Québec.

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En insérant une clause «farfelue», le Directeur général des élections (DGEQ), qui a pour mission de promouvoir les valeurs démocratiques de la société québécoise, a malhabilement déguisé un appel d’offres pour favoriser un seul fournisseur.

En insérant une clause «farfelue», le Directeur général des élections (DGEQ), qui a pour mission de promouvoir les valeurs démocratiques de la société québécoise, a malhabilement déguisé un appel d’offres pour favoriser un seul fournisseur.

D’ici le 20 octobre, le DGEQ attend des soumissions de firmes informatiques pour un important appel d’offres de télésurveillance en sécurité de l’information pour son parc de 400 ordinateurs. Le DGEQ veut l’aide d’une firme pour surveiller les tentatives d’intrusion sur ses systèmes informatiques.

Les tentatives d’intrusion sont monnaie courante au DGEQ, comme dans tout organisme et entreprise privée sur le Web. Le nombre de pourriels qui envahissent nos messageries en est un bon exemple. Les bons systèmes de sécurité éteignent les menaces et des systèmes spécialisés peuvent sonner des cloches pour encore mieux prévenir ces risques. C’est le service recherché par le DGEQ.

En 2011, la firme Above sécurité a remporté le même contrat avec le DGEQ. Il arrive à échéance et il faut un nouveau contrat. C’est l’appel d’offres en question.

Mais on peut difficilement croire qu’une autre firme qu’Above sera en mesure de remporter cet appel d’offres. Le porte-parole du DGEQ, Denis Dion, a même mentionné au quotidien Le Soleil qu’il s’agissait plutôt d’un renouvellement de contrat. Ce qu’on a découvert, c’est qu’une analyse de l’appel d’offres permet déjà de conclure que la firme Above, qui n’a rien à se reprocher dans l’affaire, remportera le contrat.

Pourquoi un appel d’offres, alors ?

Si les dés semblent pipés pour conduire à une victoire d’Above, pourquoi faire un appel d’offres? Normalement, dans le cas d’un renouvellement, les organismes octroient sans appel d’offres le contrat à la firme déjà en place avec ses équipements, pour des raisons financières évidentes. La loi peut permettre de le renouveler en

stipulant qu’un appel d’offres «ne servirait pas l’intérêt public» et serait donc une perte de temps et d’argent.

Le DGEQ ne le savait pas

Questionné à ce sujet, le porte-parole du DGEQ, M. Dion, réplique que «c’est comme ça, le processus». Par rapport aux clauses très restrictives, il mentionne que «c’est libre à nous d’écrire ce qui va dans l’appel d’offres et ce sont nos critères».

Le Journal lui a ensuite demandé s’il était au courant que la firme Above était le seul membre québécois de l’organisation FIRST. «On ne le sait pas, nous. Nous, c’est le meil­leur fournisseur que l’on veut. On peut bien mettre ce qu’on veut dans l’appel d’offres», a-t-il ajouté, d’un ton sec.

 

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