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Francis Bouillon

Un Canadien pour toujours

Francis Bouillon
Martin Chevalier / JdeM Francis Bouillon

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Marc Bergevin et Michel Therrien ont jugé que Jarred Tinordi était suffisamment mûr pour amorcer la saison dans la LNH. Ce faisant, ils n’ont eu d’autre choix que de libérer Francis Bouillon.

Le vétéran de 38 ans a appris cette décision de la bouche des deux hommes, hier matin, quelques heures avant l’entraînement de l’équipe. Un divorce empreint de tristesse.

«Michel était très émotif et je l’étais aussi. Même chose pour Marc. Ils m’ont dit que c’était une décision très difficile. Mais, quand tu diriges une équipe, tu dois parfois laisser les sentiments de côté. Tu prends la meilleure décision pour le bien de l’équipe», a expliqué Bouillon, venu à la rencontre des journalistes.

Le défenseur a rappelé qu’il avait lui-même poussé quelques vétérans hors de l’échiquier lors de son arrivée surprise avec le Canadien à l’automne de 1999. La vie est une roue qui tourne et le sport n’y fait pas exception.

«On dit que le hockey est le plus beau sport, mais ça reste un sport ingrat. Tu te bats avec tes propres coéquipiers pour faire ta place», a-t-il souligné.

Une dernière chance

S’il est serein devant cette décision, c’est qu’il s’y attendait... un peu. Bergevin et Therrien ne lui ont jamais laissé miroiter une situation plus belle que la réalité. D’ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière, l’entraîneur du Canadien a répété qu’il savait à quoi s’attendre de son défenseur. Que c’est le travail des Tinordi et Nathan Beaulieu qui dicterait son sort.

«Je désirais me donner une autre chance. Je suis content de ce que j’ai accompli ici même si je pars avec une petite déception. Si je n’étais pas venu au camp, je me serais peut-être réveillé dans deux ans en me disant : pourquoi, je n’ai pas tenté une dernière fois ma chance à un camp», a déclaré Bouillon, qui a disputé 774 matchs dans le circuit Bettman, dont 581 avec le Canadien.

Quelques options

Celui qui a donné 11 ans de sa vie au Tricolore ignore ce que l’avenir lui réserve. Un saut en Europe n’est pas une option qu’il écarte, au contraire.

«C’est drôle puisque je pense à l’Europe depuis que j’ai 20 ans. En sortant du junior, je ne m’attendais pas à jouer 14 ans dans la LNH. J’ai mangé mon pain noir, mais j’ai atteint la LNH. J’ai surpris bien du monde, même moi, a-t-il indiqué. J’ai encore le désir de jouer en Europe, mais il s’agira maintenant d’une décision familiale.»

Marié et père de jumeaux qui viennent tout juste de faire leur entrée au secondaire, Bouillon admet que cette décision ne sera pas prise seul. Joindre les rangs d’une autre formation de la LNH est également une avenue possible.

«Oui, j’ai encore le goût de jouer dans la LNH. S’il y a des équipes qui se manifestent, j’écouterai les propositions»,a-t-il soutenu.

Bien que le défenseur doive maintenant tourner la page sur cette association avec le Tricolore, son coeur demeurera à jamais bleu-blanc-rouge.

Je serai un Canadien pour toujours. Je veux remercier les partisans, ceux que j’ai croisés à l’épicerie ou à la station d’essence. Je remercie aussi les journalistes. Il peut se passer n’importe quoi demain matin, je serai fier de ma carrière.»

Et avec raison. Salut Francis!

- Avec la collaboration de Jean-François Chaumont

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