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À la manière de Therrien

SPO-Match intra-equipe Canadiens
Photo d'archives Avec Dustin Tokarski, Michel Therrien a maintenant le luxe de miser sur un gardien capable de lui donner entre 20 et 25 matchs.

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Tout le monde est d’accord pour dire que Dustin Tokarski a joué un grand rôle dans la victoire du Canadien, jeudi à Washington. Il a d’ailleurs été décoré de la ­première étoile, mais la deuxième aurait pu très bien être accordée à Michel Therrien.

Tout le monde est d’accord pour dire que Dustin Tokarski a joué un grand rôle dans la victoire du Canadien, jeudi à Washington. Il a d’ailleurs été décoré de la ­première étoile, mais la deuxième aurait pu très bien être accordée à Michel Therrien.

Parlons d’abord de la décision de Therrien d’avoir envoyé Tokarski dans la mêlée dès le deuxième match de la saison.

Les temps changent en ce qui a trait à l’utilisation des gardiens numéro un. Leur excellence force les équipes à leur consacrer une partie de leur plan de match.

Il faut avoir des yeux de chat pour repérer la rondelle à travers la circulation lourde que les formations adverses s’appliquent à créer devant eux. Les gardiens doivent être résistants aussi pour absorber les contacts ­physiques auxquels ils sont soumis.

Moins de matchs

Dans ce contexte, il leur est de plus en plus difficile de disputer au-delà de 60 matchs. La saison dernière, huit d’entre eux ont livré plus de 60 rencontres, soit Kari Lehtonen (65), Antti Niemi (64), Semyon Varlamov (63), Ben Bishop (63), Henrik Lundqvist (63), Mike Smith (62) et Steve Mason (61).

Carey Price (59) aurait fait partie de ce groupe s’il n’avait pas raté plus de deux semaines d’activités à son retour des Jeux olympiques de Sotchi.

Mais il ne faut pas s’attendre à le voir devant le filet dans 65 matchs cette saison ou encore dans 70, comme ce fut le cas il y a quatre ans. Cette époque semble révolue dans la Ligue nationale.

À quoi bon utiliser un gardien à ce rythme, aussi bon soit-il, si c’est pour l’hypothéquer dans les séries?

Luxe à exploiter

Avec Tokarski, Therrien a maintenant le luxe de miser sur un gardien capable de lui donner entre 20 et 25 matchs et il faut prévoir qu’il s’en prévaudra.

Son équipe disputera 13 autres séries de deux matchs en deux soirs cette saison. Son présent voyage est le premier d’une série de trois rencontres en quatre soirs inscrites à son calendrier.

Pas d’excuses

Therrien a lancé un avertissement, par ailleurs, à ses joueurs dans la victoire contre les Capitals.

Ce n’est pas parce qu’ils étaient arrivés de Toronto à trois heures du matin, la nuit précédente, et qu’il s’agissait seulement du deuxième match de la saison, qu’il allait les regarder se traîner les savates sans réagir. Il a été conséquent en s’en remettant au slogan de l’équipe en vertu duquel aucune excuse ne tient.

Il a apporté des remaniements à ses trois premiers trios dès la deuxième période. Brendan Gallagher, qui ne prend jamais une soirée de congé, a été promu dans le premier trio, aux côtés de l’inséparable duo Desharnais-Pacioretty.

Jiri Sekac s’est retrouvé dans le deuxième trio en compagnie de Tomas Plekanec et d’Alex Galchenyuk, qui sont tout feu tout flamme.

Pierre-Alexandre Parenteau a été rétrogradé au sein de la troisième ligne d’attaque, aux côtés de Lars Eller et Rene Bourque.

Dans l’esprit de Therrien, il n’y avait plus une minute de plus à perdre, sans quoi les Capitals se seraient envolés facilement avec la victoire.

Version améliorée

Si son retour à la barre de l’équipe était loin de faire l’unanimité dans le temps, il faut reconnaître aujourd’hui qu’il a fait beaucoup de chemin comme entraîneur. Son cheminement se compare à ceux d’Alain Vigneault et Claude Julien.

Voilà trois bonshommes qui n’avaient pas grand-chose sous la main quand ils ont dirigé le Canadien entre 1997 et 2006. L’organisation traversait la période la plus sombre de son histoire.

C’était l’enfer!

Après leur congédiement, Vigneault et Therrien ont fait un pas en arrière, se ressourçant à des niveaux inférieurs, dans l’espoir de rebondir. Ils ont réussi tout comme Julien que les Devils ont foutu à la porte avec trois matchs à jouer, malgré une récolte de 102 points.

Chacun son style

Therrien a le contrôle de la situation. L’histoire dit qu’il était déjà contesté après seulement deux mois lors de la saison écourtée, il y a deux ans, et qu’il y avait du grenouillage dans le vestiaire en janvier dernier.

Ça fait partie du métier.

À Chicago, on entend dire que les joueurs des Blackhawks en ont parfois par-dessus la tête d’entendre crier Joel Quenneville.

Du côté des Kings de Los Angeles, Darryl Sutter ne personnifie pas la bonté avec son air de bœuf et son je-m’en-foutisme dans ses points de presse. Mais il est là pour diriger et gagner.

Tout comme Therrien.

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