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Deuil périnatal

Des parents réunis pour la fête des Anges

Des parents rendent hommage aux enfants décédés pendant leur grossesse

deuil périnatal
Photo Caroline Pailliez Caroline Hammond, 23 ans, et Steven Carbonneau, 26 ans, déposent des roses en l’honneur de leur petite fille Lydia, décédée le jour de sa naissance. Deux ans après les événements, Caroline Hammond attend un petit garçon, Raphaël.

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Caroline Hammond est tombée enceinte à l’âge de 21 ans. Ce n’était pas du tout dans ses plans. Pourtant, la jeune fille et son conjoint ont appris la nouvelle avec ravissement. Ils se sont préparés du mieux qu’ils pouvaient à leur rôle de parents. Mais, au moment d’accoucher, le cœur du bébé s’est arrêté de battre.

Caroline Hammond est tombée enceinte à l’âge de 21 ans. Ce n’était pas du tout dans ses plans. Pourtant, la jeune fille et son conjoint ont appris la nouvelle avec ravissement. Ils se sont préparés du mieux qu’ils pouvaient à leur rôle de parents. Mais, au moment d’accoucher, le cœur du bébé s’est arrêté de battre.

«C’était horrible! L’alarme a retenti et les médecins ont commencé à courir partout. J’avais peur, je ne savais pas ce qu’il se passait. Je ne voulais pas perdre mon petit être», se souvient la jeune fille de maintenant 23 ans.

Le bébé n’a pas survécu. Caroline Hammond et son conjoint sont passés par des épreuves difficiles après l’événement.

«Chaque fois qu’on voyait des enfants de quelques mois, on se disait que notre Lydia aurait dû avoir le même âge. On aurait aimé nous aussi avoir pu l’emmener au parc, lui lire des histoires», explique la jeune fille.

Le temps a un peu apaisé leur douleur, mais encore maintenant, ils allument une chandelle chaque mois le jour de sa naissance.

L’expérience traumatisante que le couple a dû vivre n’est pourtant pas unique. Un couple sur cinq perd un bébé pendant la grossesse, durant l’accouchement ou quelques semaines après la naissance au Québec. Mais encore trop peu d’entre eux parlent de la détresse qu’ils vivent au quotidien.

Tabous

«Il y a encore beaucoup de tabous. Les proches ne comprennent pas toujours. Ils ont tendance à dire qu’on est jeune, qu’on aura d’autres enfants. Ça montre qu’ils ne comprennent pas ce qu’on vit», explique Valérie Dorion, responsable de la Fondation du deuil périnatal.

La jeune femme, qui a elle-même perdu une petite fille il y a 12 ans, alors qu’elle était à terme, organise chaque année la fête des Anges à Montréal, une commémoration en l’honneur des enfants que les parents ne verront jamais grandir. Une centaine de personnes, comme Caroline Hammond et son conjoint, était présente hier à l’église Saint-Enfant-Jésus dans le Mile-End.

«Le deuil périnatal est un des deuils les plus durs à vivre. Ce bébé, on l’a porté, on l’a attendu, on l’a connu inconsciemment. C’est une vie au complet qui ne sera pas vécue. On ne perd pas seulement un être humain, on perd des rêves entiers, des projets d’avenir», explique-t-elle.

Selon la jeune femme, le deuil dure en général une année. «On passe par toutes les fêtes, les saisons, les anniversaires. Après on commence à aller mieux. Mais on s’en souvient toute sa vie», dit-elle.

 

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