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Dans la peau d’un policier

Tout ça pour une contravention

dossier SQ
Photo Chantal Poirier

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Appel no3: Nous devons intercepter un automobiliste qui a omis de faire l’arrêt obligatoire à une intersection.

Appel no3: Nous devons intercepter un automobiliste qui a omis de faire l’arrêt obligatoire à une intersection.


Le récit de stéphan

Un automobiliste mécontent de se faire coller une contravention est la routine de tout patrouilleur. Jusqu’au moment où le gars sort de son auto, refuse de me donner ses papiers, pendant que sa copine claque la porte du côté passager avant de nous filmer avec son téléphone intelligent et de nous lancer des «ost.. de cochons, vous êtes dans marde!»

Marc s’occupe de la fille. Et il a la bonne réaction. Tant qu’elle n’est pas menaçante ou ne le dérange pas dans son travail, il la laisse faire. De mon côté, je demande à l’homme de retourner dans son auto, mais il ne collabore pas. Pour accélérer le dénouement, j’aurais eu intérêt à lui signaler que s’il ne me montrait pas ses papiers, il serait en état d’arrestation et devrait nous suivre au poste de police. Un argument qui fait réfléchir.

Stéphan Dussault, Le Journal de Montréal


Le récit de marc

Dans une autre version de cette interception, je me présente à la fenêtre de l’automobiliste. Mon partenaire, un instructeur, s’approche du véhicule à gauche.

Le conducteur me remet son permis de conduire. À la seconde où je porte mes yeux sur son permis, il sort une arme à feu et tire sur moi. Je ne l’ai jamais vu venir.

La marque bleue sur ma veste pare-balles en témoigne: il m’a atteint au milieu de la poitrine.

Dès ce moment, c’est le choc. Pas parce que c’est douloureux. Plutôt parce que je sais ce que ça signifie. Ça roule dans ma tête. Tout se bouscule. Je dois dégainer et tirer. Mon collègue crie, hurle.

«Va-t’en au char!»

Je recule, sous le choc, en tentant de dégainer. C’est mon collègue qui neutralisera finalement la menace.

Le stress nous fait faire des choses inconsciemment, instinctivement. Moi, en reculant, je me protégeais… en mettant le permis de conduire du type devant mon visage!

- Marc Pigeon, Le Journal de Montréal 

 

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