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Bande dessinée

Un combat extraordinaire

Bande dessinée 1012
Photo Courtoisie La guerre des tétons, Lili Sohn, Éd. Parfum d’Encre tchaogunther.com

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Bien qu’il soit pléonastique d’affirmer que l’autobiographie règne en maître dans le neuvième art québécois, il arrive parfois que certains artisans subliment le genre en lui insufflant une portée.

Bien qu’il soit pléonastique d’affirmer que l’autobiographie règne en maître dans le neuvième art québécois, il arrive parfois que certains artisans subliment le genre en lui insufflant une portée.

Voilà le tour de force que réussit admirablement Lili Sohn avec La guerre des tétons, la publication en album de Tchao Günter, son feuilleton web suivi par des milliers d’internautes depuis le début de l’année. D’autant plus que cette graphiste œuvrant dans le milieu du jeu vidéo en est à son premier projet professionnel de bande dessinée. Et que d’autres avant elle – et pas des moindres – ont abordé la maladie, dont le défunt auteur américain Harvey Pekar avec Our Cancer Year, David B. et L’Ascension du Haut-Mal et Frederic Peeters et Les Pilules bleues.

Là où la jeune femme atteinte du cancer du sein se distingue de ses pairs, c’est qu’elle aborde la maladie avec humour. «Sans banaliser la maladie, j’ai voulu informer, apprivoiser le vocabulaire médical tout en allégeant mon quotidien, explique l’énergique illustratrice. C’est la façon que j’ai trouvée d’annoncer la nouvelle à mes proches. Puis, j’ai finalement ouvert le blogue au public.»

Du numérique au papier  

Les réactions ont été quasi immédiates. Les internautes ont rapidement éprouvé une grande sympathie pour la pétillante jeune femme. «J’avais envie d’être accompagnée de la sorte. D’aborder les choses par l’humour. Car en plus de combattre la maladie, il faut lutter contre la peur. Ce qui use doublement.»

Même le corps médical a été conquis par cette démarche. Une façon d’honorer ces gens exceptionnels, affirme la bédéiste.

Peu de temps après la mise en ligne du blogue, les éditions Parfum d’Encre, charmées par la démarche de Lili Sohn, ont manifesté l’intérêt de publier le tout sous forme d’album. Quelques corrections orthographiques – tient-elle à préciser! – et la production de chapitres inédits plus tard, La guerre des tétons a pris vie. À peine le premier tome était-il lancé que déjà le travail sur le second était amorcé en ligne.

En plus d’aborder un angle didactique, rompant joliment avec l’assommant ton de circonstance des brochures gouvernementales, cette lutte contre ce cancer, qu’elle surnomme Günter – un sobriquet à consonance germanique, langue de prédilection des dompteurs de cirque –, lui a permis d’établir un véritable dialogue avec ses fans. Elle entretient d’ailleurs une correspondance avec plusieurs d’entre eux.

La guerre des tétons prouve hors de tout doute que la bande dessinée peut témoigner avec éloquence du monde dans lequel nous vivons, en abordant avec intelligence, sensibilité et humour d’importants.

 

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