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Tour de condos de luxe

Chantier en déroute

Des acheteurs s’inquiètent pour leurs milliers de dollars en dépôt


Aucun travailleur n’était sur le chantier du Victoire, devant la Tour de la Bourse, quand Le Journal s’y est rendu.
Photo Le Journal de Montréal, hugo joncas Aucun travailleur n’était sur le chantier du Victoire, devant la Tour de la Bourse, quand Le Journal s’y est rendu.

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Rien ne va plus au chantier d’une luxueuse tour de condos de 25 étages, au centre-ville de Montréal. Un prêteur menace de saisir le chantier et des acheteurs veulent poursuivre le promoteur du Victoire pour récupérer leur dépôt, a appris notre Bureau d’enquête.

Rien ne va plus au chantier d’une luxueuse tour de condos de 25 étages, au centre-ville de Montréal. Un prêteur menace de saisir le chantier et des acheteurs veulent poursuivre le promoteur du Victoire pour récupérer leur dépôt, a appris notre Bureau d’enquête.

Le gratte-ciel devait accueillir ses premiers occupants dès décembre, mais rien n’est encore sorti de terre.

Maurice Benisti, de Point Zéro Capital, a enregistré en septembre un recours de 4,3 M$ pour récupérer le prêt qu’il a fait au promoteur.

La Banque Nationale devait financer la construction pour près de 32 M$, mais elle n’a toujours pas débloqué les fonds. Selon nos sources, l’institution financière n’arrive pas à confirmer la solidité financière de clients ayant réservé des unités.

La Banque refuse de commenter, mais assure qu’elle a toujours l’intention de financer le projet.

Des clients veulent leur argent

Selon l’entente initiale, les acheteurs devaient prendre possession de leurs unités dès décembre. Mais le promoteur n’a même pas terminé les fondations de la tour. Officiellement, la fin de la construction est retardée jusqu’en décembre 2015.

Découragé par les délais, un couple d’acheteurs a voulu récupérer les quelque 140 000 $ qu’il a remis en fidéicommis au notai­re du projet.

Il a eu une mauvaise surprise: l’officier public leur a répondu le 1er octobre qu’il avait remis tous les fonds au promoteur.

«Moi, je comprenais que l’argent restait en fidéicommis jusqu’à la livraison des unités!», dit le client, qui préfère ne pas être identifié.

Erreur! Le contrat de prévente prévoyait bien la remise des sommes au promoteur au début des travaux.

4,7 M$ de dépôts encaissés

Selon nos informations, la compagnie à numéro qui dirige le projet a ainsi encaissé pour au moins 4,7 M$ en dépôts d’acheteurs.

En cas de retard considérable, les clients mécontents peuvent toutefois réclamer l’annulation du contrat et le remboursement de ces sommes.

Leur avocat, Clément Lucas, a d’ailleurs envoyé une mise en demeure au promoteur en septembre. Elle reste cependant sans réponse à ce jour.

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