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Dans la peau d’un policier

« Courir » sa vie

dossier SQ

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Les policiers sont constamment montrés du doigt pour leur réaction dans des situations critiques. L’itinérant tué par balle en février, à Montréal, en est un bel exemple récent.

Les policiers sont constamment montrés du doigt pour leur réaction dans des situations critiques. L’itinérant tué par balle en février, à Montréal, en est un bel exemple récent.

Nos journalistes Stéphan Dussault et Marc Pigeon se sont placés dans la peau de policiers le temps d'une journée passée à l'école de l'emploi de la force de la Sûreté du Québec, qui ouvrait ses portes à un média pour la première fois. Découvrez le récit à cœur ouvert des sept scénarios à haute teneur en adrénaline qu'ils ont vécus, aux côtés de policiers-comédiens et cascadeurs.


APPEL no 5 | Nous arrivons sur les lieux d’un délit de fuite. Un blessé est évanoui dans la voiture qui menace de s’enflammer, et le suspect a pris la fuite à pied.


Le récit de Marc

Je ressens déjà l’adrénaline avant de descendre de la voiture. Je réussis à sortir le lourd mannequin du véhicule et à le traîner en lieu sûr.

Puis, nous partons à la poursuite du suspect, à la course. Sur environ 400 mètres, nous devons monter un talus, en descendre un autre, sauter une clôture. Tout ça avec l’équipement et le gilet

pare-balle. Encombrant. Inconfortable. À la fin du circuit, heureusement, le suspect est là, immobile, et il attend que je lui passe les menottes, ce que je fais, complètement hors d’haleine. En fait, mon essoufflement me fait un peu perdre mes moyens. Je ne sais plus quoi lui dire, comment utiliser les menottes. Heureusement que je n’ai pas dû courir 400 mètres de plus! Moi qui me croyais en forme parce que j’avais couru le 10 km du marathon de Montréal trois jours plus tôt...

-Marc Pigeon, Le Journal de Montréal


Le récit de Stéphan

Le stress fait voir les choses différemment, mais la fatigue aussi. Courir à toute vitesse pendant ne serait-ce qu’une minute peut être toute une aventure, même pour des gens en très bonne condition physique, comme le policier Dominique Éthier et moi.

Mais moi aussi je tremble, et juste lui passer les menottes demande un effort de concentration supplémentaire. Donc si la fatigue n’excuse pas les bourdes policières, il faut en tenir compte quand on analyse comment les choses se sont passées.

-Stéphan Dussault, Le Journal de Montréal

 

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