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Charbonneau

La police manquait de moyens pour enquêter sur la corruption

Michel Forget
Photo Sarah Bélisle Le directeur des communications de la SQ, Michel Forget, a témoigné à la commission Charbonneau aujourd'hui.

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La Sûreté du Québec (SQ) a longtemps été mal outillée pour enquêter sur les crimes économiques, et ce, à la même époque où sa première enquête sur la collusion à Laval a avorté.

«Ce n’étaient pas les enquêtes les plus sexy», a résumé à la barre de la commission Charbonneau mardi l’inspecteur Michel Forget. Aujourd’hui directeur des communications de la SQ, M. Forget a passé la majeure partie de sa carrière aux crimes économiques.

Les jeunes enquêteurs percevaient donc l’Unité comme une «porte d’entrée» pour faire leurs premières armes, puis se faire muter ailleurs au sein des enquêtes criminelles, a raconté M. Forget, qui a dirigé l’unité pendant plusieurs années.

Ainsi, l’Unité des crimes économiques se retrouvait bien souvent avec des enquêteurs «recrues» peu expérimentés, a expliqué M. Forget.

Pas la priorité

Les crimes économiques ne gagnaient pas non plus de concours de popularité auprès des dirigeants de la SQ.

Dans les années 2000, les enquêteurs de ces unités ont «souvent» été prêtés à d’autres unités ou affectés à d’autres tâches jugées plus prioritaires.

Par exemple, plusieurs des enquêteurs de l’Unité des crimes économiques ont consacré leur temps à la lutte au crime organisé au plus fort de la guerre des motards, au tournant des années 2000. Puis, plusieurs ont été assignés à l’enquête sur le scandale des commandites.

Problèmes à Laval

Tout cela se passait alors que l’unité des crimes économiques menait une enquête sur la collusion à Laval en 2003 et 2004, sur la base notamment d’un enregistrement illégal de conversations codées.

Incapable de conclure, sur la base des informations qu’elle avait en mains, à autre chose que des activités de collusion, la SQ a transmis le dossier au Bureau de la concurrence du Canada (BCC), qui a juridiction en matière de collusion.

On a appris la semaine dernière que, pas une, mais deux enquêtes (celle de la SQ et du BCC) sur la collusion à Laval avaient avorté au début des années 2000.

Changement de culture

Le vent a définitivement changé depuis. Les crimes économiques ont gagné en popularité et les signalements ont explosé.


Le DPCP a sonné l’alarme quant aux délais « endémiques » en justice. Chaque mois, 2000 dossiers s’ajoutent aux cas en retard. Présentement, un total de 122 000 dossiers le sont.

 
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