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Gagnez et ils viendront!

Ott
photo Agence qmi, bruce garrioch Il y avait à peine 7000 spectateurs dans les gradins du BB&T Center à Sunrise pour le match entre les ­Sénateurs d’Ottawa et les Panthers de la Floride, lundi soir.

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Ces dernières semaines, partout où il est allé, de New York à Los Angeles en passant même par Boucherville, Gary Bettman s’est évertué à dire que la Ligue nationale de hockey est bien portante financièrement.

Ces dernières semaines, partout où il est allé, de New York à Los Angeles en passant même par Boucherville, Gary Bettman s’est évertué à dire que la Ligue nationale de hockey est bien portante financièrement.

D’un point de vue général, c’est vrai. Quand des revenus de quatre milliards de dollars sont projetés pour la quatrième ligue sportive en importance sur le continent nord-américain, c’est positif.

Mais quoi qu’en dise Bettman, sa ligue compte encore plein de canards boiteux du côté sud de nos frontières.

Vous avez vu le chiffre officiel de l’assistance pour le match qui opposait les Panthers de la Floride aux Sénateurs d’Ottawa, lundi soir, à Sunrise?

Paraît-il qu’il y avait 7311 spectateurs dans les gradins du BB&T Center, qui contient 19 500 sièges. Il s’agit de la plus petite foule dans l’histoire des Panthers. Selon des gens qui étaient sur place, il y avait moins de 5000 personnes. De quoi causer des cauchemars aux partisans du retour d’une équipe de la LNH à Québec.

Mais lisez plutôt ce que les Panthers en disaient sur leur compte Twitter à la fin de la soirée: La loyauté se gagne mieux par la vertu, l’honneur et l’intégrité. Ensemble, nous gravirons les échelons. Merci à tous ceux qui sont venus.

Le meilleur moyen de vente

De son côté, Roberto Luongo a dit ne pas s’attarder à ce genre de chose quand il est dans le feu de l’action et que toute son attention va à son rôle de gardien. Mais il a ajouté: «On devra commencer à gagner des matchs si on veut attirer des amateurs.»

C’est le premier principe de vente dans le sport professionnel.

Dimanche à Tampa, la grande majorité des 60 000 amateurs de football qui s’étaient rendus au Raymond James Stadium est partie à la

mi-temps alors que les Buccanneers tiraient de l’arrière par 38 points contre les Ravens de Baltimore.

Imaginez donc ce que ça peut être pour une formation sportive établie dans un environnement qui ne lui est pas naturel. Elle a intérêt à gagner.

Mauvaise localisation ?

C’est ce que les Panthers faisaient à leurs premières années. Ils jouaient devant des salles combles et fort enthousiastes au Miami Arena, qui était pourtant situé dans un secteur dangereux de la ville. Ils ont même atteint la finale de la coupe Stanley, contre l’Avalanche du Colorado, à leur troisième saison d’existence seulement.

Rappelez-vous les rats en plastique lancés des estrades qui atterrissaient sur le masque de Patrick Roy après un but des Panthers.

Le hockey était roi à Miami!

N’était-ce qu’une passade?

À moins que les Panthers aient commis une erreur en quittant la plus grosse ville de Floride pour le décor-dortoir de Sunrise?

Le Heat, équipe de la NBA avec laquelle ils partageaient le Miami Arena, est déménagé, de son côté, dans un nouvel amphithéâtre au centre de la ville, le long de la baie Biscayne.

Pendant ce temps, sur la côte ouest de la Floride, le Lightning fait de bonnes affaires pendant que les Rays, de la Ligue américaine de baseball, peinent à attirer les foules.

À une certaine époque, le Canadien et les Nordiques n’ont pas toujours joué à guichets fermés, si on se rappelle bien.

Bonne gestion

En définitive, la santé financière d’une équipe sportive ne passe pas pas tant par sa situation géographique que par une bonne gestion et du succès.

La LNH est retournée avec succès au Minnesota et dans la Silicon Valley (où il y avait eu les Golden Seals de la Californie avant les Sharks de San Jose).

À l’époque où ils alignaient les coupes Stanley, les Islanders étaient aussi, sinon plus populaires, que les Rangers dans la région de New York.

Le baseball est un bon exemple que les superbes stades rétros attireraient les gens le temps que l’aspect nouveauté passe.

Au lieu de dire Bâtissez-le (lire un stade) et ils viendront, il faudrait peut-être dire Gagnez et ils ­viendront!

 
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