/finance
Navigation
Immigration

Une invasion de Français au Québec

canadian passport
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

Ceux qui ont eu l'impression de voir beaucoup de Français au Québec ces dernières années n'ont pas eu tort. Ils envahissent la province, souvent parce qu'il s'agit d'un meilleur lieu de travail.

Près de 55 000 citoyens de l'Hexagone étaient enregistrés au consulat français de Montréal en 2013. Il s'agit d'une augmentation de 45 % depuis 2005.

Le Québec attire davantage, notamment grâce à l'image qu’il projette. Par exemple, le gouvernement fait campagne dans les universités et salons de l'emploi en France, explique Armelle Rossetti, vice-présidente d'Akova, un cabinet de stratégie d'affaires et de recrutement à l'international.

«Le bureau d'immigration vend la qualité de vie à Québec, qui est assez grosse, sans l'être trop, avec la culture, le plein air et la sécurité», explique-t-elle.

Mme Rossetti est Française d'origine, tout comme Francis Bélime, président d'Akova. Ayant déjà visité le Québec pour affaires, M. Bélime avait remarqué le potentiel de l'industrie du multimédia.

«Je me suis aperçu qu'il y avait d'importantes occasions de développement d'affaires, raconte-t-il. Nous avons créé une entreprise avec deux partenaires québécois.»

Celle-ci a été vendue, ouvrant la porte à la création d'Akova en 2003.

Échapper au chômage

Rien n'est inhabituel dans cette histoire. Les Français aiment sortir de chez eux et ils viennent souvent au Québec pour contourner les misères du marché de l'emploi.

«Le taux de chômage est de 10 % en France, souligne Francis Bélime. Des gens tentent leur chance ailleurs, là où il semble y avoir du travail.»

Le Québec sourirait aussi davantage à ceux qui veulent se lancer en affaires.

«Le pays est accueillant et il accepte les entrepreneurs, indique Jean Isseri, administrateur à l'Union française de Montréal. Les mesures administratives sont assez légères. Des jeunes bien formés prennent cette voie et des portes sont ouvertes avec l'aide de la Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire (CEDEC), des centres locaux de développement et des carrefours jeunesse-emploi.»

«Il y a aussi les espaces de travail partagés comme la Maison Notman, renchérit M. Isseri. On a l'impression que l'on peut se lancer en affaires avec un appui et briser l'isolement».

Rien ne garantit toutefois la qualité du plan d'affaires. Encore une fois, l'ouverture au changement de carrière avantagerait le Québec.

«On peut changer de voie ici, soutient Armelle Rossetti. C'est toléré en Amérique du Nord. En France, on est dans des rails bien définis.»

Francis Bélime abonde dans le même sens. «C'est plus délicat et difficile de quitter son emploi là-bas. Nous sommes moins soutenus dans le changement de carrière. Des gens se disent: tant qu'à changer d'orientation, pourquoi ne pas le faire à l'étranger ?»

Commentaires