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Un drame shakespearien

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Par rapport au premier chapitre, soit l’arrivée de Pierre-Karl Péladeau sur la scène politique en mars, le nouveau volet de la saga en cours portant sur la propriété de l’«empire médiatique» implique désormais des enjeux supplémentaires, soit l’avenir même de deux possibles chefs péquistes.

Par rapport au premier chapitre, soit l’arrivée de Pierre-Karl Péladeau sur la scène politique en mars, le nouveau volet de la saga en cours portant sur la propriété de l’«empire médiatique» implique désormais des enjeux supplémentaires, soit l’avenir même de deux possibles chefs péquistes.

Ainsi que celui du Parti québécois pour qui l’effet de la dégelée printanière était temporairement oublié alors qu’un sondage plaçait PKP loin devant dans les intentions de vote des militants péquistes... et peut-être même de nouveau «concurrentiel» face à la CAQ et au PLQ.

D’un côté Jean-François Lisée, qui briguera probablement la chefferie du Parti québécois, en étant crédité que de quelques points de pourcentage, est reconnu pour ses habiletés stratégiques remarquables. De l’autre, celui qui pourrait faire le plein d’appuis au PQ et se permettre d’aller jouer dans les plates-bandes de la CAQ aux prochaines élections au point de la ramener à une poignée de députés.

Un drame, deux victimes?

À supposer que Pierre Karl Péladeau soit contraint à faire l’ultime et déchirant choix de céder ses actions ou d’aller en politique, il pourrait très bien, oui, faire ses adieux à son éphémère carrière, comme il pourrait décider de se battre, de s’ériger en héros ou en victime du système. Qui sait si PKP ne décidera pas de jouer le tout pour le tout en portant sa cause devant les tribunaux, jusqu’à la Cour suprême? Sinon, fera-t-il l’ultime sacrifice en se départissant des actions léguées par son père pour poursuivre son destin, ce qui donne encore plus un côté shakespearien à l’histoire?

Quant à Jean-François Lisée, qui aura participé à l’avortement de la carrière politique prometteuse de PKP et qui, dans son livre, continuera d’alimenter le ressentiment des militants en insistant sur le fait qu’il aurait voté contre la Charte de la laïcité «telle quelle», ne pourrait-il pas lui-même se faire hara-kiri et déclarer forfait?

Dans le cas où tous les deux soient candidats et que, selon toute vraisemblance, PKP sorte vainqueur de ce combat fratricide, la place de JFL dans un éventuel cabinet Péladeau est aussi peu assurée que celle du Canadien en séries à ce stade-ci de la saison. Jean-François Lisée deviendra ce que Pierre Paradis a été pour Jean Charest, un adversaire au sein même du parti qu’on dirige et qu’on punit pour ses attaques jugées à jamais déloyales.

Une tragédie grecque

S’ajoute à cette controverse des éléments people, comme la présence en périphérie de Julie Snyder, femme aimée, voire adorée du public québécois; le véritable débat éthique qui entoure toute la question; l’intérêt extrême des journalistes et des médias, car on discute de choses qui les concernent au premier chef, notamment, la concentration de la presse; des comparaisons à la Berlusconi en Italie ou à la Bloomberg à New York. On obtient alors les éléments d’un Shakespeare. Une sorte de «tempête parfaite» ou encore de tragédie grecque à la québécoise.

 

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