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DVD | Québec

Imavision, important distributeur de DVD, a dû déclarer faillite après avoir eu des dettes de 7 millions

La compagnie québécoise spécialisée dans la distribution de DVD allait bientôt fêter ses 20 ans

Dossier DVD
Photo d'archives Imavision était connue pour distribuer plusieurs coffrets DVD d’émissions de télé comme La Petite Maison dans la prairie, Les Belles Histoires des pays d’en haut et La Petite Vie, pour ne nommer que celles-là.

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Assailli par des dettes de plus de 7 millions, et ne pouvant contenir le déclin du marché du DVD, l’important distributeur québécois Imavision a dû déclarer faillite. Une nouvelle qui n’augure rien de bon pour l’avenir du DVD.

Assailli par des dettes de plus de 7 millions, et ne pouvant contenir le déclin du marché du DVD, l’important distributeur québécois Imavision a dû déclarer faillite. Une nouvelle qui n’augure rien de bon pour l’avenir du DVD.

Créée en 1995, Imavision était reconnue comme le plus important distributeur indépendant de DVD et de vidéocassettes de langue française au Canada. Dans son catalogue, elle possédait plusieurs séries comme La Petite Maison dans la prairie et Les Belles Histoires des pays d’en haut, mais aussi les coffrets des films des Contes pour tous.

Mais voilà, le marché du DVD n’étant plus ce qu’il est, l’entreprise n’a pas été en mesure de renouveler son offre et elle a dû déclarer faillite, en février dernier. «J’ai regardé pour me lancer dans le numérique, comme ce que font Netflix et iTunes, mais il aurait fallu investir des dizaines et des dizaines de millions. C’était impossible», mentionne Pierre Paquet, président cofondateur de l’entreprise.

Litige avec NBC

Rien pour aider, la compagnie a vécu un important différend avec NBC à propos des droits de distribution des DVD de la série La Petite Maison dans la prairie. Imavision possédait une licence pour distribuer sur le marché canadien, américain et européen francophone.

«C’était la franchise la plus importante de notre catalogue. NBC nous réclamait presque quatre millions de dollars. On avait deux bureaux d’avocats, un canadien et un américain, qui nous confirmaient tous les deux que leur interprétation du contrat n’était pas bonne. On était prêt à aller en cour.»

Mais il n’a pu se rendre jusque là. Les dettes s’accumulant, Imavision Distribution inc. a déposé un avis d’intention de faire une proposition à ses créanciers, le 5 septembre 2013. «Pendant les mois suivants, on a baissé de beaucoup les créances de nos partenaires», indique Pierre Paquet.

Parmi les créanciers d’Imavision, on retrouvait Avanti Ciné Vidéo, Cité Amérique, DEP Distribution, Distribution Sélect, Société Radio-Canada et Télé-Québec. Le 4 février dernier était déposé un avis de la faillite avec des dettes s’élevant à 7,2 millions.

« Je ne me sens pas coupable »

Une fois la clé mise dans la porte, une entente légale a été conclue avec Unidisc pour que la compagnie reprenne une grande partie du catalogue d’Imavision. «Ce sont eux qui ont ramassé les inventaires des DVD qui étaient encore dans les magasins, explique Pierre Paquet. Ils ramassent la responsabilité de faire la distribution avec ces magasins-là et aussi la responsabilité au niveau des licences.»

Pierre Paquet voit-il cette faillite comme un échec? «Pas du tout. Je n’ai aucun remords, aucune culpabilité, ni pour mes employés, ni pour moi personnellement. Je suis très malheureux d’avoir eu à fermer cette belle compagnie, mais je ne me sens pas du tout coupable.»

L’ancien président mentionne qu’il n’y a rien qu’il aurait pu faire pour éviter une telle situation. «Il aurait fallu plus de chance. C’est le domaine, aussi. Quand vous approchez quelqu’un pour devenir partenaire d’une entreprise qui vend un produit (DVD) qui est en baisse constante, ça n’intéresse personne.»

Baisse drastique des ventes

Dans le passé, Imavision avait créé une branche de production, qui lui avait permis de faire une dizaine de projets. «Mais depuis les trois ou quatre dernières années, on ne mettait plus d’effort dans la production», fait remarquer Pierre Paquet.

L’entreprise s’était alors concentrée uniquement sur la distribution de DVD, un pari qui s’est avéré perdant. «On a été dans ceux où les ventes ont diminué drastiquement, mais moins drastiquement que plusieurs autres distributeurs qui ont été obligés de fermer bien avant nous.»

Dans les deux dernières années, Imavision avait un chiffre d’affaires annuel en deçà de 10 millions. Et dans les belles années de l’entreprise? «Ça pouvait être trois fois ça», répond Pierre Paquet.

Imavision allait fêter ses 20 ans l’an prochain. «C’est triste pour tout le monde, surtout pour les employés. Sur la vingtaine que j’avais, il y en avait une quinzaine qui était là depuis plus de sept ans.»

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