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Diffamation

Un million pour la vie ruinée d’une enseignante

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Une enseignante de Montréal vient d’obtenir un million de dollars après avoir vu sa vie détruite par la diffamation d’un couple de parents, qui n’avaient pas apprécié que leur fils ait dû recommencer un devoir.

Une enseignante de Montréal vient d’obtenir un million de dollars après avoir vu sa vie détruite par la diffamation d’un couple de parents, qui n’avaient pas apprécié que leur fils ait dû recommencer un devoir.

L’ambiance n’était toutefois pas à la fête hier chez Mary Kanavaros, 56 ans, deux jours après la décision rendue par la Cour supérieure du Québec.

«C’est une histoire très sérieuse qui n’aurait jamais dû m’arriver, et qui ne doit jamais arriver à personne», a-t-elle lâché au Journal.

Le visage triste et marqué par les soucis, elle rappelle que «tout cela date de 2004», signifiant sa lassitude.

Cette année-là, à l’école primaire Roselyn, à Westmount, elle fait recommencer un devoir à un enfant de neuf ans. C’était manifestement sa mère qui l’avait rédigé à sa place.

Les parents, Hagop Artinian et Kathryn Rosenstein, ont réagi en intentant une poursuite contre l’enseignante, le directeur de l’école et la commission scolaire pour 155 000 $, les accusant d’avoir humilié leur fils.

Les parties ont mis un terme au litige le 25 mars 2008 avec une entente qui stipulait de maintenir l’affaire confidentielle et l’absence de responsabilité des défendeurs.

Intention Malicieuse

C’est à ce moment-là que la vie de Mme Kanavaros bascule. Dans les minutes qui suivent, les parents brisent leur engagement et parlent aux médias, qui s’emparent de l’affaire.

La réputation de la professeure est dès lors brisée. Souffrant d’un trouble dépressif majeur, elle est incapable de retourner travailler. Elle était pourtant retournée aux études à 38 ans pour pouvoir accomplir cette vocation.

L’enseignante a lancé à son tour une poursuite en diffamation contre les parents. En 2010, la juge Danielle Richer concluait à leur entière responsabilité, soulignant une faute «malicieuse et de mauvaise foi» et que leurs déclarations «ne visaient qu’un seul but: détruire la professeure Kanavaros.»

L’enseignante avait alors obtenu 234 000$. Mais depuis, son état ne s’est pas amélioré: elle vit cloîtrée chez elle, est en proie à des crises de panique et est sans énergie. Bref, le retour au travail est impossible.

La Cour supérieure lui a donc accordé mardi une compensation pour les pertes de salaires futures.

Les parents devront lui payer 912 327$ à titre de perte de revenu et 100 000$ de dommages.

«Sa vie est ruinée. Cet argent est une réparation pour le préjudice qu’elle a subi, pour son travail et pour sa douleur», rappelle l’un de ses avocats, Me Olivera Pajani.

L’avocat des parents n’a pas rappelé le Journal. Ils ont jusqu’au 14 novembre pour faire appel.

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