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Cimenterie Port-Daniel

Des problèmes de béton à la cimenterie Port-Daniel

La construction d’un immense silo suspendue d’urgence par Ciment McInnis

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Les responsables du chantier de Ciment McInnis en Gaspésie ont des problèmes avec la construction des immenses silos en béton. D’importantes fissures sont apparues au bas d’un des silos alors qu’on a dû arrêter d’urgence la coulée d’un autre.

Les responsables du chantier de Ciment McInnis en Gaspésie ont des problèmes avec la construction des immenses silos en béton. D’importantes fissures sont apparues au bas d’un des silos alors qu’on a dû arrêter d’urgence la coulée d’un autre.

La coulée de cinq silos d’entreposage dont certains atteindront 240 pieds est suspendue depuis deux semaines. Une cinquantaine de travailleurs sont affectés par l’arrêt des travaux.

Le projet de cimenterie à Port-Daniel-Gascons est l’un des plus gros chantiers en activité au Québec et a nécessité des investissements de près d’un demi-milliard de fonds publics.

De sérieux problèmes ont toutefois forcé l’arrêt des travaux le 28 septembre. Alors qu’on devait faire une coulée en continu 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, on a dû interrompre les travaux sur le deuxième silo. Les travaux de coulée n’étaient alors exécutés qu’à moitié, soit quelque 85 pieds de hauteur. Officiellement, Ciment McInnis parle de problèmes entre l’armature d’acier et le béton qui pourraient affaiblir la structure. Selon nos informations, le béton fourni par Béton provincial serait plus «dur à placer» que la normale. Il est encore trop tôt pour savoir quand le reste de la coulée, qui doit durer six jours, sera repris.

Fissures

Ce n’est toutefois pas tout. D’importantes fissures ont été observées à la base du premier silo hors-norme. «Il y a eu un ajustement de qualité du béton à faire avec Béton provincial. C’est un petit silo, c’est un silo test», a indiqué la porte-parole, Florence Gauthier.

Comme le révélait notre Bureau d’enquête un peu plus tôt cet été, une importante partie du ciment utilisé pour produire le béton entrant dans la construction de la cimenterie est importé de Corée du Sud. Le prix de ce ciment serait de 20 $ à 30 $ moins cher que le ciment québécois. «Ce qu’on entend sur le chantier, c’est que le problème pourrait venir de la poudre cheap qui vient de Corée du Sud», nous indique une source.

En vitesse

Des analyses en laboratoire ont été demandées et du carottage a été effectué pour mieux cerner le problème. Il faut dire que le chantier a été lancé sur les chapeaux de roue cet été. Une vingtaine de contrats ont été donnés en quelques semaines au mois de juillet.

Au total, la construction s’étendra jusqu’en 2015 et quelque 2300 travailleurs défileront sur l’immense chantier estimé à 1,1 milliard $. La porte-parole de Ciment McInnis indique que la coulée de trois autres silos débutera d’ici quelques jours.

Sous haute surveillance

Pour ce qui est du silo numéro 2, aucune décision n’est arrêtée. Un spécialiste que nous avons consulté indique qu’un joint à froid, c’est-à-dire une coulée faite en deux temps, pourrait toutefois apporter son lot de problèmes.

Ce n’est pas la première fois que la cimenterie se retrouve sur la sellette. L’investissement massif d’argent public par le biais d’Investissement Québec et la Caisse de dépôt et placement a été critiqué.

L’utilisation d’une importante quantité de coke de pétrole pour produire le ciment a également été dénoncée. L’usine deviendra un important producteur de gaz à effet de serre.

Le projet a également été approuvé par le ministère de l’Environnement sans avoir été soumis au Bureau d’audience publique en environnement (BAPE).

- Avec la collaboration de Michel Morin

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