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Le business Ebola

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Aux USA, le virus Ébola est partout...

Du moins, de partout où il ne risque pas de faire des ravages. Au coeur des conversations, sur les écrans de télévisions, les unes des magasines et au coeur des réseaux sociaux. Pas encore la panique, mais, un phénomène général d'anxiété.

Ainsi, deux tiers des Américains craignent que le pays soit touché par une épidémie du virus qui vient d'Afrique. Et un tiers d'entre eux est persuadé qu'un membre de sa famille sera touché.

Cette peur là est fascinante. Elle relève de l'irrationnel, touche à notre instinct de survie et démontre que, malgré la multiplication des moyens d'informations ( ou à cause ?), nous ne sommes guère différents de nos ancêtres dont certains craignaient que le ciel leur tombe sur la tête.

PROFITS

Historiquement, la peur a toujours aussi été une source de profits. Pas besoin de remonter pour cela à l'épidémie de grippe espagnole et ses elixirs miracles pour le démontrer. Il y a quelques années, la vague de vaccinations massives autour de l'arrivée annoncée du H1N1 est encore dans tous les esprits.

Ébola n'échappe pas à l'appétit jamais satisfait des marchands du temps. Et depuis quelques semaines, quelques compagnies ont parfaitement saisi les opportunités financières que le virus représentait.

Cela à commencé au milieu de l'été, avec le premier pic épidémique en Afrique. A l'époque, l'Amérique n'avait pas été encore touchée  mais -au moins- 3 compagnies de "produits naturels" ont eut le nez creux.

L'une d'entres elles proposait des huiles essentielles annoncées comme capables de tuer le virus ! Une autre, un supplément alimentaire à base d'une protéine présente dans le lait maternel. Une dernière un mélange de racines et autres plantes aux effets quasi-magiques.

Évidemment, de telles annonces ont vite attiré l'attention de la US Food and Drug Administration (FDA) qui a demandé le retrait des références mensongères à Ébola. Le lait de noix de coco ou les extraits de cannelle aussi pur et concentré que possible n'ayant aucune action sur le virus.

Mais une recherche rapide sur internet montre que sous d'autres noms les ventes continuent.

 

PROTECTION

Loin des foudres de la FDA, le commerce de la protection lui connait une croissance tranquille.

Cela a commencé par la vente d'un kit Ébola pour une vingtaine de dollars.  En réalité du matériel classique, regroupé pour l'occasion et placé sous une étiquette alarmiste et donc forcément vendeuse.

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La compagnie EBOLASUITS a décidé d'aller plus loin en proposant à la vente aux particuliers des combinaisons de protection.

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Le site utilise les codes habituels de la paranoïa. Ainsi, la philosophie de l'entreprise divise le monde en deux. D'un côté, ceux qui seront préparés au pire lorsqu'il arrivera. De l'autre, ceux qui n'auront rien.

Et pour ceux qui veulent VRAIMENT se retrouver au sommet de la protection, le site - qui vend une vingtaine de combinaisons par jour - offre son fleuron : la combinaison de survie à long terme !

Pour - seulement ! - 1 499 dollars, la "chose" vous protègera de tout. De tout, sauf du ridicule.

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OPPORTUNISTE

Bien entendu,  on pourrait aussi évoquer le cours des actions des laboratoires pharmaceutiques impliqués dans la recherche d'un vaccin ou d'un médicament. Ou celui encore du fabricant des combinaisons de protection utilisées par les scientifiques du CDC mais pour conclure, je préfère vous parler de Jon Schultz.

Schultz est un homme d'affaires installé à Las Vegas. Sa spécialité ? La vente et l'achat de noms de domaines. Plus particulièrement de ceux liés à nos peurs. Le N1H1.com ? C'est lui. Le Fukushima.com ? Vous l'avez deviné, encore Schultz.

Forcément, Jon est le propriétaire du nom de domaine Ebola.com. Un nom qu'il a acheté en 2008 pour la coquette somme de 13 500 dollars. Et que, fort de ces 5000 visiteurs uniques quotidiens, il souhaite aujourd'hui revendre pour 150 000 dollars.

Pourquoi aujourd'hui ? Car comme il l'a expliqué au Washington Post, en pleine crise la côte est au plus haut et qu'il craint qu'une "prochaine amélioration de la situation autour d'Ébola" fasse chuter le prix.

Mais que l'on ne s'inquiète pas trop pour lui. Jon est aussi propriétaire de birdflu.com. Et il est persuadé que les peurs autour de la grippe aviaire sont son avenir.

 

 

8 commentaire(s)

Cybermiss dit :
17 octobre 2014 à 17 h 36 min

L'équivalent des produits dérivés de Disney, toutes les bébelles sont bonnes pour faire de l'argent, parlez-en aux hommes d'affaires qui vendent des masques de chirurgie aux populations urbaines en Chine à cause des smogs permanent au-dessus des villes. Le business de la peur est très lucratif !

fghgffhfgghf dit :
17 octobre 2014 à 17 h 58 min

La business.... "LA" BUSINESS !!!!!!!!!

Pierre Brassard dit :
17 octobre 2014 à 19 h 57 min

La mondialisation a ses côtés sombres.

On veut rester ouvert mais...l'esprit reptilien n'est pas très loin..

Snowden Rules dit :
17 octobre 2014 à 20 h 34 min

Le Dr. Eric Pianka déclarait en 2006 à l'Université du Texas: l'utilisation de Ebola permettrait d' exterminer 90% de la population mondiale !

Alexandre Reney dit :
17 octobre 2014 à 20 h 44 min

Bon, un autre parano qui voit des complots partout. Ébola est vraiment dangereux. Il tue la grande majorité des gens infectés. Rien à voir avec l'insignifiant H1N1 qui était mortel dans moins de 1% des cas.

J-F. Couture dit :
17 octobre 2014 à 21 h 53 min

Dans un marché de 330 millions de clients potentiels, trouvez (ou inventez) un machin qui intéressera disons un petit 10% de ce marché. Même si vous ne faites qu'un seul dollar de profit net après impôt, vous serez multimillionnaire. Et c'est pareil pour les émissions de télé. Ici, Oprah Winfrey serait probablement très à l'aise financièrement mais pensez-y deux minutes: Une animatrice de talk show qui peut s'offrir un Global Express, c'est inimaginable dans un petit marché comme le nôtre. Idem pour les animateurs de shows de fin de soirée comme Letterman ou Leno qui ont des entrées d'argent auxquelles aucun Jean-Pierre Coaliier n'aurait pu même rêver.

Comme le disait si bien Elvis Gratton: «Ils l'ont l'affaire les ''Amaricains''».

Gédane de Vaxu dit :
17 octobre 2014 à 22 h 59 min

Je ne prends plus aucun risque. Je me présente dorénavant à mon travail en tenue de plongeuse avec mes palmes. J'utilise aussi des gants chirurgicaux pour les poignées de main.

Je préviens la Police dès que j'entends des collègues éternuer et aux toilettes, je fais pipi dans le lavabo pour ne pas être infectée.

Steve Harvey-Fortin dit :
19 octobre 2014 à 17 h 34 min

Avez-vous vu le dernier film d'horreur d'Hollywood ? Le titre est Ebola la terreur sanglante. On voit des gens devenir comme des zombies avec des pustules et suer du sang par la peau en se décomposant physiquement dans d'atroces souffrances terribles en moins de dix jours. Et lorsque vous êtes décédé le virus Ebola continu à évoluer dans votre corps afin de contaminer les autres qui ne feront que vous regarder.

Dans un cinéma près de chez-vous en grande primeur Ebola la terreur sanglante vous fera frémir d'angoisse et de paranoïa. Vous ne voudrez plus sortir de chez vous et ni parler à vos amis et voisins.

Gracieuseté de Paramont Africa !