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Politique | Santé

Le projet de loi 10 sème la grogne

Abolir les 18 agences de santé serait une erreur selon les MQRP

Leblanc Goulet
Photo Le Journal de Montréal, Caroline Pailliez À gauche : Isabelle Leblanc, présidente de Médecins québécois pour le régime public (MQPR) À droite: Marie-Claude Goulet, vice-présidence de Médecins québécois pour le régime public (MQPR)​

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Alors que les consultations spéciales sur le projet de réforme du réseau de la santé commencent aujourd’hui, de plus en plus d’acteurs du milieu élèvent la voix pour s’opposer au projet de loi.

Alors que les consultations spéciales sur le projet de réforme du réseau de la santé commencent aujourd’hui, de plus en plus d’acteurs du milieu élèvent la voix pour s’opposer au projet de loi.

Médecins, chercheurs et associations de patients ont tous partagé leurs inquiétudes en fin de semaine vis à vis du projet de loi 10 qui prévoit l’abolition des 18 agences de santé pour les incorporer à d’autres établissements, comme des CSSS ou des centres jeunesse. Le gouvernement espère constituer des structures plus centralisées, appelées des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

«On peut s’attendre à des conséquences désastreuses, comme la diminution des services de premières lignes, la diminution des programmes préventifs, le transfert d’argent des CLSC vers les hôpitaux, et l’éloignement des services de la population», prévient la docteure Marie-Claude Goulet, vice-présidente des Médecins québécois pour le régime public (MQRP).

«On a déjà vécu ça avec les fusions forcées des CSSS. Ça fait dix ans et on s’en remet à peine. Mais là, ça va être vingt fois plus gros», dit-elle.

Son avis est largement partagé par des chercheurs du milieu. «C’est une réforme à grand risque. Le ministre propose une structure centralisée. Or plus on éloigne le pouvoir décisionnel du terrain, moins les décisions sont pertinentes, parce que ceux qui prennent les décisions ne sont pas bien au courant des besoins réels», explique Lucien Albert, président de l’Unité de santé internationale, un centre de chercheurs de l’université de Montréal et du CHUM qui appuie les programmes de santé dans les pays en voie de développement.

Ministre tout-puissant ?

Les travailleurs du milieu de la santé reprochent surtout au ministre de s’octroyer trop de pouvoirs. Dans son projet de loi, il s’autorise en effet à nommer tous les membres du conseil d’administration des nouveaux établissements, qu’ils proviennent de comités de professionnels ou de milieux indépendants.

«Ça ouvre la porte au favoritisme. C’est quand même fascinant que dans une période où on essaie d’enrayer la collusion, on propose un projet comme celui-là», estime Mme Goulet.

Discours différent

Le conseil pour la protection des malades, qui appuyaient pourtant la réforme Barrette, a même changé son discours. «On s’était dit favorable à la réforme en autant que certaines conditions étaient respectées, mais là les conditions ne se sont pas matérialisées du tout», estime Paul Brunet, le président de l’organisation.

Il reproche au projet de ne pas déléguer assez de pouvoir aux intervenants et de ne pas accorder assez de place aux patients dans les conseils d’administration.

Le conseil était un des rares intervenants du milieu de la santé à avoir été invités aux consultations sur le projet de loi qui sont prévues jusqu’au 13 novembre. «On prépare actuellement notre mémoire. Il est encore temps que le ministre change certains points », dit M. Brunet.

Les médecins n’ont pas été invités, quant à eux.​

 

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