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Collège Brébeuf

Une direction «archaïque»

La direction du Collège Brébeuf n’entend pas revenir sur sa décision de congédier Jacqueline Laurent-Auger

Jacqueline Laurent-Auger
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse La décision de congédier Jacqueline Laurent-Auger est «abusive et archaïque» tranchent des experts en éthique.

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Des experts en éthique de l’enseignement condamnent la décision de la direction du Collège Jean-de-Brébeuf qui maintient le congédiement de Jacqueline Laurent-Auger, cette enseignante de théâtre à qui l’on reproche d’avoir tourné nue dans certains films osés il y a cinquante ans.

La direction du Collège Jean-de-Brébeuf ne se montre pas impressionnée par les nombreuses réactions d’indignation que suscite le congédiement de Jacqueline Laurent-Auger. Dans un communiqué émis dimanche, son directeur général réitère les motifs qui ont mené à la décision de remercier l’enseignante âgée de 73 ans.

«Ces commentaires, nous les accueillons avec respect, sachant très bien qu’en matière d’éducation et de valeurs morales, il est très difficile de faire l’unanimité...», écrit le directeur Miche April.

Pour la direction de l’institution privée fondée par les Jésuites en 1928, le fait que ces films aient été tournés par la comédienne il y plus de quatre décennies ne change rien à leur caractère «osé, suggestif, voire explicite».

«...cette filmographie des années 70 est, semble-t-il, redevenue à la mode et, si les films sont anciens, le regain de popularité pour ce type de cinéma, lui, est bien contemporain», ajoute-t-il.

Un congédiement abusif

«Les jeunes à qui j’enseigne ne sont pas des bébés, ils ont 16 et 17 ans, ils ont vu des choses plus énormes que ces petits films vintages», réplique Jacqueline Laurent-Auger qui affirme ne pas avoir les moyens poursuivre son ex-employeur mais aurait «adoré» le faire, assure-t-elle.

La jurisprudence donnerait probablement raison à l’enseignante qui a subi un congédiement abusif, croit David Harvengt spécialiste en éthique professionnelle à la Faculté de l’enseignement de l’Université Laval.

«Des commissions scolaires et des directions d’écoles qui ont congédié des enseignants pour des actions passées sont déboutées devant les tribunaux», explique le chargé de cours qui enseigne aux futurs maîtres.

D’un point de vue éthique l’enseignante n’a rien à se reprocher, affirme de son côté le professeur Denis Jeffrey.

Selon lui, la décision du Collège Brébeuf rappelle l’époque lointaine où les enseignantes devaient afficher une moralité exemplaire et fournir une lettre du curé pour attestant de leur virginité, rappelle-t-il. «Ces gens ont une vision archaïque, rétrograde et régressive de l’enseignement. C’est un geste violent, un acte très grave», dénonce ce chercheur et auteur de plusieurs études sur l’éthique de l’enseignement.

 

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