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CharlÉlie Couture
photo courtoisie

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D’autres nouvelles de New York, où CharlÉlie Couture réside maintenant, ayant de plus adopté la citoyenneté américaine.

D’autres nouvelles de New York, où CharlÉlie Couture réside maintenant, ayant de plus adopté la citoyenneté américaine.

Pourquoi? Il étouffait, paradoxalement, en France, patrie historique des transfuges et autres exilés de l’art et de la culture, en raison de son choix de carrière d’artiste multidisciplinaire. On l’enfermait dans la catégorie rock et variétés, alors que son histoire personnelle et familiale pointait aussi dans d’autres directions.

Son parcours est jalonné d’un nombre impressionnant de vernissages, de publications, de soutien à des manifestations et de créations d’art public. Mais aussi d’exils volontaires en Australie et au Québec pour voir, sentir et exprimer autre chose.

Im Mortel offre ceci de particulier: une collaboration avec Benjamin Biolay à titre de réalisateur-arrangeur et de directeur musical. Rappelons que Biolay occupe pour sa génération une place comparable à Gainsbourg.

De la compétence, de l’ouverture, de la singularité, ce p’tit je-ne-sais-quoi de classe, de chic à la française.

CharlÉlie y recycle le profil mélodique et rythmique de ses plus belles chansons (La dernière heure). Il adopte le ton philosophique (Mifasolitude), zen et conciliant de celui qui sait qu’il doit s’assumer. Ce qui ne l’empêche pas d’exprimer avec des images saisissantes le désarroi (La comédienne, Le vieil homme n° 2).

La rime sonne, efficace et implacable, un travail remarquable et d’une excellence rare. On pense à Poèmes rock, paru en 1983, sur Island Records.

Les musiciens de l’entourage de Biolay font des merveilles, dont Nicolas Fizman et Denis Benarrosch, en faisant sonner le tout comme du Lou Reed, du Dylan (Broken), du Calexico (Méchante Envie), voire du Nirvana (La comédienne). On ne lésine pas sur les effets spéciaux et vocaux, la réverbération, une instrumentation d’appoint de bon goût et des accents pop et psychédéliques des années 60.

Qu’il chante en français ou en anglais, il le fait dans cette nouvelle version de citoyen du monde qu’est A French Man in New York, magnifique pièce instrumentale qui concilie les aspects mystiques et cool de l’Ancien et du Nouveau Monde; Stéphane Grapelli, David Grisman et J. J. Cale. Surprenant.

 

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