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Attentat à Ottawa

Un rapport blâme le service du renseignement

Sentries return to the Tomb of the Unknown Soldier during a ceremony at the National War Memorial in Ottawa
Photo REUTERS Le rapport pointe notamment le fait que le ministre de la Sécurité publique n’est pas suffisamment mis au courant des activités des services d’espionnage. «[Le ministre] ne doit pas être pris par surprise. Nous vivons dans des temps dangereux», note le rapport.

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Le service de renseignement canadien a été durement critiqué dans un nouveau rapport explosif déposé hier à la Chambre des communes.

Dans son rapport, le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité a accusé le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) d’avoir sciemment caché des informations et des documents aux enquêteurs du comité, de mal informer son propre ministre sur ses opérations et d’avoir possiblement utilisé des informations personnelles de façon contraire à la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Selon la présidente du Comité de surveillance, Deborah Grey, le but du rapport n'était pas de miner la crédibilité du Service de renseignement, mais de rendre l'organisme plus performant.

«On doit s'assurer que le ministre est au courant de ce qui se passe. Il ne doit pas être pris par surprise. Nous vivons dans des temps dangereux.»

Armes à feu

De plus, le rapport soulève «un certain nombre de graves problèmes liés à la gestion du programme des armes à feu» pour les espions canadiens qui participent à des opérations secrètes à l’étranger «et à la reddition de comptes dans ce cadre».

Certains espions auraient porté des armes ailleurs qu’en Afghanistan, le seul pays ou le SCRS a une permission juridique spéciale pour le faire.

Le rapport affirme qu’il est «surprenant et inacceptable» que le SCRS «ne possède aucune trace d’une réunion entre le directeur du service [Michel Coulombe] et le ministre [de la Sécurité publique] au cours de laquelle une question aussi importante que celle concernant les armes à feu aurait été discutée».

Le comité a aussi critiqué, sans le nommer, le responsable national des équipes de filature du SCRS, déplorant «l’absence d'un leadership fort à la tête du programme» ce qui a laissé des «défis graves sans réponse».

Conforme

Le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité a tout de même émis au ministre et au gouvernement conservateur un certificat de conformité qui déclare que les activités du SCRS sont conformes à la Loi du SCRS.

Le Comité de surveillance a aussi affirmé qu’il est généralement satisfait de la manière dont le SCRS a réalisé son mandat d'enquêter sur les menaces à la sécurité du Canada.

Le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) est un organisme qui surveille de l’extérieur les opérations du SCRS et dépose ses rapports au Parlement du Canada.

Le Comité et ses membres sont nommés par le gouvernement pour examiner en profondeur les opérations antérieures du Service et enquêter sur les plaintes des citoyens ou des employés du gouvernement qui se sont vu révoquer leur accréditation de sécurité.

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