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Un tueur habite dans ma tête

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Le cerveau envahi par une tumeur cancéreuse, un Montréalais voit enfin la lumière au bout du tunnel et se réjouit de voir deux neurochirurgiens québécois faire des avancées qui pourraient sauver des milliers de vies.

Le cerveau envahi par une tumeur cancéreuse, un Montréalais voit enfin la lumière au bout du tunnel et se réjouit de voir deux neurochirurgiens québécois faire des avancées qui pourraient sauver des milliers de vies.

«Je suis un combattant, je n’accepte pas qu’on me dise que c’est fini», martèle Gilles Cayouette, la voix étranglée par l’émotion.

Après 10 ans de combat contre le cancer du cerveau, cet ingénieur de 63 ans, a récemment rangé ses médicaments au placard et fait un trait sur la chimiothérapie. Il est en rémission.

Il n’y a pas si longtemps, on ne donnait pourtant pas cher de sa peau. Une tumeur maligne, grosse comme un oeuf, envahissant le côté droit de son cerveau. Pour la vaincre, M.Cayouette a mis tous ses espoirs dans la recherche.

À lui seul, ce père de famille a récolté près de 25 000$ en don pour supporter les chercheurs. Une somme qui peut paraître dérisoire à côté des millions nécessaires, mais qui relève du tour de force pour un malade qui a subi pas moins de 60 cycles de chimiothérapies en six ans.

Le diagnostic

La vie de M.Cayouette a basculé un vendredi de février 2005. Ce jour-là, entre deux réunions, il a quitté le bureau pour une consultation de routine à la clinique. À part un persistant mal de tête, il était en pleine forme, ou du moins le croyait-il.

Inquiet, son médecin l’a pourtant envoyé consulter un neurologue le jour même. Le Gilles Cayouette qui est entré dans le cabinet du médecin n’en est jamais ressorti, souffle-t-il.

«Vous avez une grosse tumeur agressive au cerveau, a dit le médecin. Préparez-vous, réglez vos affaires. Votre longévité se calcule en mois et non plus en années.»

Face à ce diagnostic sans appel, «tout déroulait devant moi en boucle, au ralenti, toutes mes responsabilités, mon père, mes enfants... J’ai fondu en larmes», se souvient M.Cayouette.

L’opération

Ensuite, tout est allé très vite. Après une fin de semaine couché sur une civière dans un corridor d’hôpital, M.Cayouette se retrouve sur la table d’opération, le crâne ouvert, son cerveau palpitant à la merci des bistouris.

«La chirurgie me faisait très peur. Ma plus grosse crainte était de sortir de là invalide, agressif, de n’être plus moi-même», confie-t-il.

Le traitement

Contrairement à ce qu’il craignait, M.Cayouette n’a pas perdu son âme entre les mains des chirurgiens. Toutefois, son combat ne faisait que commencer. Les traitements allaient s’avérer bien pires que la chirurgie.

«Le prix à payer pour avoir droit à la vie, c’est que les médicaments ont endommagé plusieurs de mes capacités», explique-t-il.

Il a rapidement perdu le compte du nombre de pilules qu’il a dû avaler et de tous leurs effets secondaires. Pendant des mois, il a ainsi été incapable de parler, de lire ou de marcher.

Mais M.Cayouette a vaincu. Le tueur qui s’était installé dans sa tête n’est plus que l’ombre de lui-même. «J’apprécie tellement d’être encore vivant», sourit celui qui s’apprête à faire la connaissance de son deuxième petit-enfant.

La Fondation canadienne des tumeurs cérébrales tiendra sa toute première rencontre québécoise à Montréal, le mardi 4 novembre pour soutenir les malades et leurs proches.

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