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Bien des hypothèses sont avancées sur la question du renforcement de la sécurité suite aux événements de St-Jean-sur-Richelieu et Ottawa. Lors de la crise d’octobre de 1970, le gouvernement fédéral avait voté une Loi sur les mesures de guerre.

Bien des hypothèses sont avancées sur la question du renforcement de la sécurité suite aux événements de St-Jean-sur-Richelieu et Ottawa. Lors de la crise d’octobre de 1970, le gouvernement fédéral avait voté une Loi sur les mesures de guerre.

À cette époque, j’étais enquêteur à l’escouade des vols à main armée à la Sûreté du Québec et j’avais été assigné temporairement comme garde du corps du premier ministre, M. Robert Bourassa. Le niveau de menaces était beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui, des mesures exceptionnelles avaient été prises pour protéger nos élus notamment l’affectation de gardes du corps pour tous les ministres et le chef de l’opposition.

Avec les événements de cette semaine, il y a là bien des raisons pour augmenter le niveau d’alerte, toutefois, il faut demeurer prudent, vigilant et éviter de tomber dans la paranoïa. Après les événements de 1970, le gouvernement a créé l’escouade des gardes du corps pour protéger les ministres et le chef de l’opposition en permanence. Il n’a pas cru bon d’étendre cette protection rapprochée à l’ensemble des élus et je crois que tous les citoyens comprennent le bien-fondé de cette décision qui s’applique encore dans le contexte d’aujourd’hui, à moins que certains d’entre eux fassent l’objet de menaces et à partir de là, ça devient du cas par cas et nos corps policiers peuvent prendre toutes les mesures appropriées. Toutefois, je crois que nous devons réfléchir sur les mesures à prendre pour renforcer notre sécurité et tout particulièrement nos édifices publics et gouvernementaux.

Dans le contexte actuel, des mesures de renforcement doivent être mises en place tant au parlement où la présence extérieure permanente de policiers 24/24 devrait être rétablie, que dans tous les édifices gouvernementaux, voire dans certains édifices privés qui pourraient représenter un intérêt pour un attentat.

Le renforcement des lois et la protection de nos droits  

Nous vivons dans une société de droit et de liberté et nous devons tout faire pour continuer à protéger cette liberté, toutefois, rien ne nous empêche de prendre des mesures de précaution et mettre en place des mécanismes d’accès qui augmentent le niveau de sûreté et de sécurité tant au niveau des usagers que de la population en général. Comme on le sait, un attentat, qu’il soit terroriste ou non, est dans presque tous les cas imprévisible. Nos services de renseignements peuvent présumer que certains individus pourraient poser des actes illégaux, voire criminels comme ceux que nous avons vus cette semaine, mais la loi ne permet pas d’arrêter quelqu’un qui semble être dangereux. Nos lois sont ainsi faites.

Avant de renforcer les lois pour donner plus de pouvoir aux policiers, il faut se demander si nos policiers peuvent remplir adéquatement leur mandat avec les lois en vigueur, notamment le Code criminel. Je crois que c’est au niveau de l’INTERNET que le gouvernement doit intervenir et encadrer tout ce qui est en rapport avec une menace à l’ordre public.

Faut garder en mémoire que les lois du Canada découlent du «Common law» et que contrairement au droit français, ici, tout suspect a droit à la présomption d’innocence.

 

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