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Le DGEQ annule son appel d’offres controversé

Dans notre reportage qui révélait que l’appel d’offre semblait bidon au début du mois, le DGEQ nous avait sèchement répliqué qu’il pouvait «bien mettre ce qu’il voulait dans son appel d’offres». Finalement, cet appel d’offres a été annulé.
Photo d'archives Dans notre reportage qui révélait que l’appel d’offre semblait bidon au début du mois, le DGEQ nous avait sèchement répliqué qu’il pouvait «bien mettre ce qu’il voulait dans son appel d’offres». Finalement, cet appel d’offres a été annulé.

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Le Directeur général des élections (DGEQ) a finalement annulé l’embarrassant appel d’offres en sécurité informatique qui ciblait une seule entreprise.

Le Directeur général des élections (DGEQ) a finalement annulé l’embarrassant appel d’offres en sécurité informatique qui ciblait une seule entreprise.

Le 6 octobre, notre Bureau d’enquête a révélé que le DGEQ a inséré plusieurs clauses, dont une «farfelue» selon un spécialiste dans le domaine, conduisant à «malhabilement déguiser l’appel d’offres» pour favoriser la firme Above Sécurité.

Sans grande surprise, seule cette entreprise a soumissionné.

Trois jours après notre reportage initial, le DGEQ a modifié les critères de l’appel d’offres afin d’ouvrir davantage le contrat à la concurrence.

Ce ne fut visiblement pas suffisant, car seule l’entreprise Above a soumissionné bien qu’entre cinq et dix entreprises peuvent faire le travail, selon des joueurs du marché consultés.

Du côté du DGEQ, les relations publiques refusent de parler d’«annulation» et mentionnent plutôt que l’appel d’offres sera repris.

«Le processus s’est déroulé comme prévu et nous avons décidé de relancer l’appel d’offres puisqu’il n’y avait qu’un seul soumissionnaire et nous voulons l’ouvrir à la concurrence», a expliqué Denis Dion, porte-parole.

Nous avons voulu savoir s’il y avait un lien avec notre reportage signalant que l’appel d’offres ne visait qu’un fournisseur. «Je ne ferai pas de commentaire sur cette question», a rétorqué M. Dion.

Écœuré

Notre Bureau d’enquête a discuté avec une des autres firmes qui s’intéressaient au contrat, mais qui a baissé les bras en lisant les clauses très restrictives.

«C’était une preuve tangible à l’effet que plusieurs appels d’offres sont écrits pour certaines firmes», raconte le codirigeant de cette entreprise.

Ce dernier nous a même confié une troublante règle non écrite que son entreprise se donne lorsqu’elle souhaite obtenir un contrat que ce soit au public ou au privé: «Si nous n’avons pas de contacts avec le donneur d’ouvrage. On n’y va pas. On ne gagnera pas, c’est pratiquement certain», raconte-t-il.

Ainsi, ce n’est donc pas seulement le prix soumis et les qualifications qui comptent, selon lui, mais aussi d’autres considérations moins objectives.

«Quand nous soumissionnons, nous avons souvent l’impression que les entreprises ne partent pas tous sur la ligne de départ. Il y a souvent quelqu’un qui est parti avant le coup d’envoi», poursuit celui qui est convaincu que notre reportage a un lien avec l’annulation de l’appel d’offres.

La firme Above Sécurité n’a pas retourné notre appel.

 

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