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Le Québec tente de séduire les Chinois

Philippe Couillard, en Chine.
Photo Charles Lecavalier / Journal de Québec Philippe Couillard, en Chine.

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Pour la première fois depuis 2011, le gouvernement du Québec mène une mission économique en Chine avec le but de vendre ses produits dans l'empire du Milieu.

Le premier ministre Philippe Couillard a amorcé sa mission dimanche et il la terminera le 31 octobre. Il passera à Shanghai, Beijing et au Shandong.

Pour l'accompagner dans un pays ayant acheté 2,6 milliards $ de biens et services québécois en 2013, le premier ministre a avec lui des représentants importants qui permettront de démontrer les capacités d’exportation du Québec.

À ce chapitre, le secteur privé sera omniprésent. Pas moins de 107 entreprises, organismes et écoles se sont inscrits. L'inscription s'élève à 750 $ par participant et les rencontres personnalisées coûtent 1800 $. Ces frais excluent le voyage et l'hôtel.

Par les visiteurs variés, on retrouve notamment le fabricant Bombardier, le transformateur alimentaire Olymel, le transporteur Air Canada et le fabricant de sièges de cinéma D-Box. Le cabinet d'avocats Fasken Martineau ainsi que les compagnies de création Les 7 doigts de la main et Cavalia seront aussi présents.

Avec 5000 employés sur place, Bombardier compte sur la Chine pour produire du matériel roulant et développer la CSeries.

«Pour nous, l'engagement politique est critique pour le succès et la viabilité à long terme», a précisé Pierre Pyun, vice-président aux affaires gouvernementales de Bombardier. Le gouvernement joue un rôle prépondérant à plusieurs égards. Le marché ferroviaire est public. Des agences gouvernementales sont nos clients.»

L'annonce de contrats pendant la visite n'est pas à exclure.

«Si les planètes s'alignent, nous pouvons stimuler certaines négociations dans l'optique d'avoir des "livrables" pour la mission», a admis M. Pyun. Mais de façon générale, nous complémentons nos efforts quotidiens sur le terrain.»

Vendre plus de porc

L'industrie de l'alimentation sera aussi de la partie, notamment celle du créneau du porc, qui souhaite ouvrir davantage de portes dans ce marché. Les ventes en Chine sont en croissance, et ont même atteint 263 millions $ en 2013.

«C'est un marché en émergence, soutient David Boissonneault, président des Éleveurs de porcs du Québec. C'est le plus gros consommateur de viande au monde et nous connaissons sa croissance économique. Il est important de bâtir des relations.»

Les éleveurs dépendent des ventes à l'étranger, ajoute M. Boissonneault. «C'est un secteur qui exporte plus de 70 % de son volume à travers le monde [pour une valeur de 1,5 milliards $ en 2013]. Toute action qui ouvre les marchés est bienvenue», a-t-il confié.

Alors que l'industrie vend des coupes peu chères, comme le pied et la tête, aux Chinois pour complémenter ses ventes, il prépare le terrain pour la suite.

«C'est particulier parce qu'il y a des coupes de porc qui sont moins valorisées en Amérique du Nord, a indiqué le président de l’organisation. «Nous prétendons qu'il y aura certainement une demande pour des coupes à plus haute valeur.»

La taille de la Chine n'a pas fini de faire saliver les entreprises. Bombardier traite ce pays comme un continent.

«Nous anticipons une demande pour 2400 avions d'affaires et 2400 avions commerciaux dans les 20 prochaines années», a fait remarquer Pierre Pyun.

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