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Sadomasochisme

Les sadomasos sont nombreux

Un employeur ne peut pas congédier quelqu’un uniquement pour ses préférences sexuelles

Sheldon
Photo Le Journal de Montréal, Dominique Scali

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Avocats, médecins, politiciens, femmes d’affaires. Les gens qui pratiquent le sadomasochisme sont plus nombreux qu’on le pense, affirment des adeptes.

Avocats, médecins, politiciens, femmes d’affaires. Les gens qui pratiquent le sadomasochisme sont plus nombreux qu’on le pense, affirment des adeptes.

Même si de telles activités sont controversées, un employé ne peut pas être congédié parce qu’il les pratique, selon un spécialiste en droits et libertés de la personne.

La question du sadomasochisme a refait surface depuis que l’animateur Jian Ghomeshi a été remercié par le réseau CBC, dimanche (voir autre texte).

«Si j’avais à sortir un chiffre, je dirais que 70 % des gens se sont déjà adonnés à des pratiques sexuelles non conventionnelles», lance Sheldon, qui offre des services de BDSM (bondage, discipline, sadomasochisme, domination et soumission).

Depuis quelques années, les gens sont plus ouverts, remarque Julie Charette, organisatrice de soirées à caractère BDSM.

Juges, policiers et maires

Sheldon et Julie Charette connaissent de nombreux professionnels qui participent à ce genre d’activités. Certains sont policiers ou juges. Julie Charette affirme même avoir croisé le maire d’une ville dans une de ces soirées.

Si toutes les personnes qui pratiquent le sadomasochisme perdaient leur emploi, il n’y aurait plus personne pour faire respecter la loi, confirment-ils tous les deux.

Certaines personnes qui occupent des emplois stressants apprécient tout particulièrement de se retrouver dans une situation où ils n’ont plus de pouvoir, où quelqu’un les domine, explique Sheldon, qui veut protéger son identité.

Il reste que le sadomasochisme est un grand tabou, précise-t-il. Lui-même étant éducateur dans une école primaire, il n’a jamais avoué à ses collègues de travail qu’il pratiquait le BDSM.

De telles pratiques, si elles se font dans le consentement, ne devraient pas motiver un congédiement, même quand on est célèbre, explique Louis-Philippe Lampron, professeur en droit à Université Laval.

« Vie privée »

Ghomeshi n’a jamais parlé de ses pratiques sur les ondes avant de se faire congédier et il ne fait pas l’objet d’accusations criminelles. Ce qui se passe dans la chambre à coucher d’une personne relève de la vie privée et ne regarde pas son employeur, explique M. Lampron.

Jian Ghomeshi n’est pas le premier animateur de radio dont les pratiques sexuelles font jaser. Ce fut le cas de l’animateur Robert Gillet, qui a été arrêté en 2002 à Québec.

Gillet a notamment été accusé d’agression sexuelle. Il a été acquitté sur ce chef, mais il a tout de même écopé de 40 heures de travaux communautaires pour avoir payé une prostituée mineure.

La différence avec Gillet, c’est que des accusations criminelles ont été déposées.

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