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Avec moins de pétrole

Avec moins de pétrole, le Québec sauverait 20 milliards $

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Photo Archives / Agence QMI La raffinerie Jean-Gaulin, à Lévis.

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Tandis que le gouvernement du Québec essaie par tous les moyens de trouver de nouveaux revenus en coupant dans les dépenses, une nouvelle étude publiée mardi soutient qu’une réduction de la consommation de pétrole dans la province permettrait de faire des économies de près de 20 milliards $ sur six ans.

Réalisée par le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ), l’étude rappelle que le Québec, qui ne produit pas d’or noir, est largement défavorisé par un prix du baril de pétrole qui augmente constamment.

Selon les chercheurs, les achats pétroliers pèsent de plus en plus lourd dans la balance: le déficit commercial relié au pétrole, qui représentait 1,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 1995, atteint maintenant à 5 % du PIB.

Les montants qui sortent de nos frontières sont astronomiques. Le Québec dépense 18 milliards $ par année pour acheter des produits pétroliers et 9 milliards $ de plus pour acquérir des véhicules qui fonctionnent à essence. C’est donc une fuite de capitaux de 27 milliards $, une situation qui risque de s’aggraver, rappelle l’étude.

Le prix du baril hors de contrôle

«Puisque l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’attend à ce que le prix du pétrole soit soumis à une hausse constante pour tout avenir envisageable, en raison notamment de l’épuisement rapide des gisements conventionnels, perpétuer la dépendance au pétrole ne peut que plomber de plus en plus lourdement l’économie du Québec», est-il écrit.

D’ailleurs, en 2013, le prix du baril se situait à 106 $ le baril et il est prévu qu’il dépasse 118 $ en 2020 pour finalement atteindre 180 $ en 2040.

Les chercheurs rappellent aussi que les principaux postes d’exportation du Québec que sont l’aluminium (5 milliards $), les aéronefs (5 milliards $) et le papier (3 milliards $) ne suffisent pas à inverser la tendance.

Un plan de réduction

Les chercheurs proposent un plan de réduction du pétrole lors d’une «action modérée» qui permettrait de diminuer le pétrole de 12 % dans le secteur des transports en 2020 par rapport à 2010.

Ainsi, l’étude propose de mettre en place un système bonus-malus, permettant notamment à des automobilistes de recevoir une remise de 250 $ à 1 500 $ pour chaque achat d’un véhicule moins énergivore. Découlant de cette mesure, la réduction du pétrole pourrait atteindre 6,5 millions de barils en 2020.

Il faudrait aussi stimuler la promotion de transports collectifs, ce qui aurait comme effet de freiner l’augmentation de véhicules dans le parc automobile, un effet de 1,5 million de barils en moins à terme.

Les chercheurs proposent aussi qu’environ 1 % du parc auto soit électrifié en 2020, ce qui représenterait 50 000 véhicules.

Ces économies seraient pour la plupart réinvesties dans l’économie locale. Cela générerait 130 000 emplois directs et indirects sur la période 2015-2020, rappellent les chercheurs.

«En ce qui a trait aux finances publiques québécoises, la réduction de la consommation permettrait de dégager des recettes totales de 300 millions $ sur la période 2015-2020», avance l’étude.

Du point de vue des ménages, ce changement vers des voitures moins énergivores permettrait des économies de 2 100 à 4 300 $ par année, tout dépendant du véhicule.

L’étude ne quantifie toutefois pas les coûts de mise en œuvre des politiques permettant de parvenir aux réductions de consommation. Plusieurs mesures se feraient à coût nul ou sans investissement de l’État.

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