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Une nouvelle fraîcheur

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AFP

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Il a porté le nom de scène Cat Stevens et est né au cœur du Broadway londonien.

Il a porté le nom de scène Cat Stevens et est né au cœur du Broadway londonien.

À 17 ans, il débute dans la pop, se fait connaître (The First Cut Is the Deepest, reprise successivement par Rod Stewart et Sheryl Crow), mais contracte la tuberculose. Sa convalescence va l’amener à réfléchir sur le sens de sa vie. Il s’intéresse à de nombreuses philosophies et religions. Ses chansons vont refléter cette quête.

Son retour à la scène ne se fait pas sans difficulté jusqu’à la parution de Tea for the Tillerman, qui le propulse au sommet des palmarès planétaires.

Le timbre de sa voix, son phrasé coulant et emphatique, son innocence humaniste et son style authentique font qu’en 1971, pratiquement toute une génération possédait au moins un de ses deux albums.

Puis, une fois de plus, la vie de star a raison de sa santé. Il s’isole au Brésil pendant six ans, se convertit à l’islam, prend le nom de Yusuf Islam et, après une ultime tournée, quitte la scène en 1978. Il y revient en 2006.

Depuis, deux albums, An Other Cup et Roadsinger, une comédie musicale, Moonshadow, qui vient de débuter à Melbourne, et son entrée au Panthéon du rock’n’roll en avril dernier.

Consécration, certes, de son style et de son œuvre inimitable et qui a bien vieilli, ce nouveau CD réserve cependant une surprise de taille. Soliste, compositeur et indépendant toute sa carrière, il s’adjoint un réalisateur, Rick Rubin, des musiciens comme Richard Thompson, Charlie Musselwhite, Gary Brooker (Procol Harum) et Tinawiren. Quelques compositions, mais surtout des reprises de standards de blues ou de rhythm’n’blues (You’re my Sunshine, version blues du désert avec Tinawiren).

Une mutation, une nouvelle fraîcheur à la manière de Leonard Cohen, ouverte, sans complexe. D’entrée de jeu, on croirait entendre Harry Manx avec la magnifique I Was Raised In Babylon ou Elton John dans Dying To Live d’Edgar Winter. Son grain de voix et son phrasé inimitable sont restés intacts.

Une dizaine de chansons, certaines plus personnelles (Editing Floor Blues), d’autres sur l’état du monde (I Was Raised in Babylon). Un propos éclairé, toujours discutable. Dans l’esprit et la manière du dernier Robert Plant.

 

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