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2014 dans mon rétroviseur

2014 dans mon rétroviseur
Illlustration Benoit Tardif, colagene.com

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Mon année vélo tire à sa fin. Aux premières neiges, je range ma bicyclette, après avoir roulé quelques milliers kilomètres dans les rues du grand Montréal.

Alors, me direz-vous, c’était comment 2014?

Sur le plan personnel, le bilan est très positif. Bien sûr, il y a eu quelques crevaisons, on n’y échappe pas à Montréal, mais on ne m’a volé ni mon vélo ni ma selle. Pas même une roue. Formidable année!

Mieux encore, je n’ai pas eu d’accident. Pour cela il m’a fallu éviter un nombre incalculable de piétons qui traversaient ici et là les yeux fermés, accrochés à leur téléphone, et des dizaines de portières ouvertes au hasard. Certains jours, le vélo urbain s’apparente franchement au slalom!

Tout le monde n’a pas eu ma chance. Hélas.

On vole environ 20 000 vélos par an à Montréal. 20 000! Le chiffre donne le vertige. Apparemment ces bicyclettes se volatilisent. Convaincus que c’est peine perdue, la plupart des cyclistes ne perdent pas leur temps à déclarer ces vols. N’empêche, ça tient de l’épidémie.

Mathilde Blais

Côté accidents, l’année sera à jamais associée au nom de Mathilde Blais. La jeune femme a perdu la vie, en avril dernier, dans un viaduc de Montréal, happée par un camion. Son histoire est aussi malheureuse que celle de Guy Blouin, un cycliste de Québec mortellement heurté par une autopatrouille.

Les noms de Mathilde Blais et de Guy Blouin planent au-dessus de la refonte du Code de la sécurité routière pilotée par le ministre Robert Poëti. Un groupe de travail formé de cyclistes conseille le ministre des Transports dans cet exercice délicat.

Port du casque obligatoire? Assouplissement du Code la sécurité routière? Application du Code de la route? Chose certaine, cette refonte devra viser un partage plus harmonieux des voies de circulation. Et se soucier de la sécurité des plus vulnérables, parmi lesquels les cyclistes.

Le bixi

Au cours de la dernière année, on s’est aussi intéressé au BIXI. À la pertinence et à la rentabilité du vélo en libre-service. Il ne faut pas s’en étonner, l’heure est aux compressions. Néanmoins, peut-on réduire le bilan de BIXI à un exercice comptable à court terme et ignorer la valeur ajoutée de ce service?

Plus de vélos, c’est moins de voitures, donc moins de pollution et moins de problèmes de congestion. Des urbains plus actifs, donc plus en santé. Plutôt que de prendre en considération tous les facteurs de l’équation, on se laisse aveugler par l’obsession de la rentabilité. Envisage-t-on celle d’un trottoir, d’un lampadaire ou d’un panneau d’arrêt? Mais il est vrai qu’ils ne gênent les intérêts économiques de personne...

2014 aura été une année de petites avancées, notamment une campagne de sensibilisation contre l’emportièrage, poison urbain. Une année de tragédies évitables, de cafouillages municipaux et de débats improductifs. Avec un peu de chance, on fera mieux en 2015. Des choix de société par exemple. Il est permis de rêver. Ça ne coûte rien. Peut-être même est-ce rentable...

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