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François Hollande : les enjeux d’une visite

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Les 2, 3 et 4 novembre, François Hollande, ce président mal aimé des Français sera au Canada et au Québec.

Les 2, 3 et 4 novembre, François Hollande, ce président mal aimé des Français sera au Canada et au Québec. Des Français qui n’ont jamais été aussi pessimistes quant à leur avenir, devançant même les Bangladeshis dont les 2/3 du pays sont menacés à terme par la montée du niveau des océans! C’est dire le mal-être de la France où prospère une industrie de la «déclinologie» qui n’a pas son pareil dans le monde.

En contrepartie, les Français ont une vision idyllique du Québec.

François Hollande commencera son voyage en Alberta, à l’invitation de Stephen Harper, heureux de l’accueillir dans «sa» province, peut-être aussi parce que c’est là que le géant français des hydrocarbures, Total, a investi des milliards dans les sables bitumineux. Il n’osera quand même pas se rendre jusqu’à Fort McMurray, quelques semaines après les rebuffades infligées à Nicolas Hulot, son envoyé spécial pour la protection de la planète dépêché à Ottawa pour la préparation de la conférence de la «dernière chance», Paris climat 2015. Le premier ministre n’a pas jugé utile de le recevoir, le dirigeant plutôt, ajoutant l’insulte à la désinvolture, vers un député conservateur «climato-négationniste»! Le Canada assume son statut d’État environnementalement voyou, récipiendaire d’un nombre incalculable de prix citrons. Espérons que la France persévérera, malgré tout, dans ses efforts visant à convaincre les Canadiens de l’enjeu vital des changements climatiques pour l’avenir de l’humanité.

La guerre de religion

MM. Hollande et Harper discuteront sûrement de la situation catastrophique au Proche et au Moyen-Orient, de la guerre de religion qui s’y déroule avec, en fond de scène, à la manœuvre, l’Arabie Saoudite sunnite et l’Iran chiite. D’une guerre qui durera au moins une génération, qui a déjà fait des milliers de morts et des millions de déplacés avec des répercussions directes dans nos pays respectifs. Une guerre dont personne ne peut prédire l’issue, mais qui changera la géopolitique de la région.

À Québec, il sera sans doute question de l’accord de 1978 grâce auquel les Québécois étudiant dans les universités françaises paient les mêmes frais que les Français, et inversement. L’intention du gouvernement Couillard de mettre fin à cet accord ne relève-t-elle pas d’une analyse à courte vue? Nombre de ces étudiants s’installent chez nous au terme de leurs études, sans oublier leur apport au dynamisme de régions où se trouvent des établissements de l’Université du Québec.

Exception culturelle

Sur la scène internationale, la France et le Québec ne devraient-ils pas unir leurs efforts comme ils l’ont fait avec un éclatant succès récemment en matière d’exception culturelle? C’est bien à l’initiative conjointe de nos deux pays que la Convention internationale de 2005 sur la diversité culturelle, signée par 133 États, a vu le jour sous les auspices de l’UNESCO. Pour nos artistes, nos créateurs et nos industries culturelles, cette Convention est nécessaire. Mais l’impact du numérique en impose l’actualisation. Voilà un chantier concret à poursuivre ensemble.

Enfin, défi ultime, François Hollande réussira-t-il à convaincre Québécois et Canadiens que la France malgré le noir pessimisme de ses citoyens est à nouveau attractive?

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