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Santé

Un verre de lait oui, mais trois peut-être pas

Richard Béliveau, chercheur
Photo d'archives Richard Béliveau, docteur en biochimie

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Un verre de lait, c’est bien, mais trois, peut-être pas. C’est du moins ce que conclut une vaste étude suédoise, selon laquelle consommer plus d’un verre de lait par jour augmenterait les risques de mourir prématurément. Une autre étude suédoise associe quant à elle le lait à divers cancers.

Un verre de lait, c’est bien, mais trois, peut-être pas. C’est du moins ce que conclut une vaste étude suédoise, selon laquelle consommer plus d’un verre de lait par jour augmenterait les risques de mourir prématurément. Une autre étude suédoise associe quant à elle le lait à divers cancers.

«Ce sont des études solides, assure de Dr Richard Béliveau, titulaire de la Chaire de recherche en prévention et traitement du cancer.

Le médecin insiste sur l’envergure des échantillons étudiés. La première équipe de chercheurs, de l’Université Uppsala, en Suède, a en effet suivi 61 000 femmes pendant 20 ans et 45 000 hommes pendant 11 ans. La seconde équipe a, elle, étudié 22 788 personnes.

Publiés dans le British Medical Journal, les résultats des chercheurs d’Uppsala indiquent que les femmes et les hommes qui consomment trois verres de lait ou plus par jour meurent plus jeunes que ceux qui en boivent un verre ou moins. De plus, chez les femmes, plus la consommation de lait est grande, plus le risque de fracture augmente.

Les résultats de la seconde étude, publiés dans le British Journal of Cancer, indiquent que les personnes intolérantes au lactose qui n’en consomment pas voient leurs risques de développer un cancer du poumon diminuer presque de moitié (45 %). Elles ont aussi 39 % moins de risque d’être atteintes d’un cancer des ovaires et 21 % moins de risque d’avoir un cancer du sein.

Ces études viennent s’ajouter à plusieurs autres qui font du lait un sujet de débat depuis quelques années. La Société canadienne du cancer suggère d’ailleurs qu’une alimentation riche en lait et en produits laitiers est un «facteur de risque possible» au développement du cancer de la prostate.

AmbiguÏté

Toutefois, il faudra d’autres études encore plus vastes pour lever totalement le doute sur le lait, selon le Dr Béliveau. «Il y a des études qui vont dans les deux sens. Le sujet fait encore l’objet d’ambiguïté», indique-t-il.

Isabelle Neiderer, directrice de la nutrition chez Les Producteurs laitiers du Canada, cite par exemple deux méta-analyses regroupant 2,4 M de personnes de par le monde et selon lesquelles «le lait n’est pas associé à un risque accru de mortalité», insiste-t-elle. L’une de ces analyses a même démontré que le lait jouerait un rôle protecteur modeste contre les maladies cardiovasculaires.

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