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Longue vie au bordel informatique !

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Le gouvernement Couillard cherche habilement à rompre avec l’ère Charest, marquée par des allégations de patronage et de manquements à l’éthique. Il réussit fort bien avec le Centre de services partagés du Québec (CSPQ), le plus grand donneur de contrats informatiques du gouvernement, en nommant à sa tête Josée

Noreau, laquelle a travaillé 10 ans pour le Parti libéral du Québec, entre autres comme conseillère de… Jean Charest!

Josée Noreau a aussi occupé un poste de direction à la SOGIQUE, un organisme associé au Dossier santé Québec (DSQ).

Le DSQ constitue un vaste projet d’informatisation de la santé, et aussi un vaste fiasco, qui avait été promis pour 2011 au coût de 543 millions $, mais qui devrait osciller autour de 1,6 milliard $ et dont la livraison est repor­tée à 2021. Bravo pour tant d’éthique et de rigueur!

Dans le discours d’ouverture du 14 mai 2014 à l’Assemblée nationale, lors duquel le premier ministre déclarait (sans rire!) que le meilleur remède à l’obscurité était la lumière, la transparence, ajoutant que le moment d’un changement de culture est venu et souhaitant que son gouvernement soit le premier véritablement ouvert de l’histoire du Québec. Oui, vous avez bien lu!

Le plus amusant, c’est que Josée Noreau prend les commandes du CSPQ après le très long règne de Jean-Guy Lemieux, patron de cet organisme de septembre 2014 à octobre… 2014! Dommage, car les occasions de rigoler un bon coup avec M. Lemieux auraient été nombreuses, sachant qu’il est le frère du vice-président de la multinationale québécoise d’informatique CGI.

Mais le risque de mourir de rire aurait été beaucoup trop élevé: CGI est le 5e plus gros soumissionnaire de con­trats publics octroyés par le CSPQ, ayant empoché tout près de 140 millions $ entre 2008 et 2014. Pas mal, non?

Philippe Desjardins

 
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