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Voici Radio-Canada en costume d’Ève

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Pas tout à fait encore, car c’est le 7 décembre qu’on mettra la clé sous la porte du costumier, cet immense walk in de la SRC où se meurent des milliers de costumes et d’accessoires. Après le 31 mars, la SRC sera flambant nue. Quelques trésors vestimentaires prendront le chemin de musées ou celui de garde-robes privées, mais une bonne partie se retrouvera dans des bennes au profit du diabète. Comme mes chemises qui ont trop rétréci ou mes pantalons démodés.

Pas tout à fait encore, car c’est le 7 décembre qu’on mettra la clé sous la porte du costumier, cet immense walk in de la SRC où se meurent des milliers de costumes et d’accessoires. Après le 31 mars, la SRC sera flambant nue. Quelques trésors vestimentaires prendront le chemin de musées ou celui de garde-robes privées, mais une bonne partie se retrouvera dans des bennes au profit du diabète. Comme mes chemises qui ont trop rétréci ou mes pantalons démodés.

Encore une fois, la nouvelle de la fermeture a enflammé les réseaux sociaux. Les défenseurs de Radio-Canada sont montés aux barricades pour agiter le chiffon rouge. Artistes et journalistes en ont profité pour en beurrer épais sur le gouvernement fédéral et l’accuser des plus noirs desseins.

UN PEU DE DÉMAGOGIE

Dans un bel élan, Johanne Hémond, présidente locale du syndicat des techniciens et artisans de la SRC, se demande même comment L’auberge du chien noir pourra continuer sans avoir accès au walk in. Je la rassure tout de suite: la série, qui a déjà beaucoup duré, continuera aussi longtemps qu’on pourra trouver un chien noir et des spectateurs!

Je n’ai pas plus de respect que le journaliste Jean-François Lépine pour l’inertie du conseil d’administration de CBC/SRC. Je m’interroge comme lui sur la vision nébuleuse de son PDG, qui semble toujours répéter une leçon mal assimi­lée. De là à faire un drame de la fermeture du costumier et d’y voir le commencement de la fin de la télé publique, il y a un pas que je refuse de franchir.

ON PLEURE À MONTRÉAL

L’an dernier, on a fermé les ateliers de décor. On aurait pu suivre l’exemple de Toronto et le faire plus tôt. Comme presque toutes les productions proviennent des indépendants, il n’y a pas de raison de conserver un costumier de cette envergure. Il était devenu beaucoup plus utile pour autrui que pour Radio-Canada. Tous s’y alimentaient: les théâtres, les autres diffuseurs par le biais de leurs producteurs indépendants et les producteurs de films.

Mais pourquoi ne pas en avoir profité pour le rentabiliser? La demande n’étant pas suffisante, les prix qu’il aurait fallu exiger auraient été prohibitifs. C’est aussi un secret de Polichinelle que plusieurs producteurs ont laissé d’importantes ardoises au costumier de la SRC. Ou demandé et obtenu des prix ridicules, moyennant d’autres considérations.

ON SE RÉJOUIT À PARIS

Pendant qu’on pleure sur le costumier de la SRC, on se réjouit à Paris que l’Opéra-Comique bazarde enfin 3000 costumes des années 1950 à aujourd’hui. Ces costumes aideront de jeunes compagnies de théâtre et rapporteront à l’Opéra des sous dont il a grand besoin.

Cessons de pleurer sur les milliers de fringues insignifiantes de la SRC dont même le Village des Valeurs ne saurait que faire et défendons le diffuseur public pour les bonnes raisons.

De toute façon, il faudra bien se résigner à rencontrer de moins en moins de gens dont l’imaginaire d’enfant a été habité par les costumes de Monsieur Surprise ou de Fanfreluche, à moins qu’ils n’aient mon âge et plus encore!

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

C’est à la porte des hôpitaux que les fondations devraient quêter. Quand on en sort vivant, on pourrait tout donner!

 

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