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Communications d’urgence

850 M$ plus cher que prévu

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SIMON CLARK / JOURNAL DE QUEBEC Le but du projet RENIR était de doter le Québec d’un réseau fiable de communication sans fil accessible à l’ensemble des organisations de sécurité publique et civile, notamment les policiers, les ambulanciers et les pompiers.

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Loin d’être terminée, la construction du réseau de radiocommunication pour les services d’urgence au Québec est en train de coûter une véritable fortune aux contribuables québécois. La facture va dépasser le milliard de dollars, a appris Le Journal.

Lancé en janvier 2002, le projet Réseau national intégré de radiocommunication (RENIR) devait pourtant coûter 144 millions $ au gouvernement du Québec et être pleinement opérationnel en 2008.

Le but de l’opération était de doter le Québec d’un réseau fiable de communication sans fil accessible à l’ensemble des organisations de sécurité publique et civile, notamment les policiers, les ambulanciers et les pompiers.

Or, 12 ans après les premiers investissements, le RENIR peine toujours à répondre aux attentes initiales lancées par le gouvernement. Et le compteur tourne toujours.

Des sources crédibles et proches du dossier estiment que le coût du projet va bientôt franchir la barre du milliard de dollars.

«Dès le départ, ce projet était voué à l’échec. Le gouvernement a vu trop grand tout en se plaçant à la remorque des firmes de services-conseils», a fait savoir une source bien au fait du dossier RENIR depuis son lancement.

Explosion

Des achats d’équipements de transmission installés des années en retard, de nombreuses mises à jour de logiciels ainsi que la complexité des travaux ont fait exploser la facture du projet à plus de 322 millions $ en 2009.

La Sûreté du Québec (SQ), qui devrait migrer tous ces services de radiocommunications sur le RENIRen 2006, ne sait toujours pas d’ailleurs quand elle pourra y accéder.

Depuis 2006, la SQ a notamment été contrainte de verser 144 millions $ (18 millions $ par année) à un autre fournisseur (consortium formé de Telus, Bell Mobilité et Télébec) pour accéder à un réseau fiable de communication sans fil partout au Québec. Personne à la SQ n’a voulu commenter publiquement le dossier RENIR.

Aux montants consacrés à l’achat d’équipements et d’infrastructures, le Centre de services partagés du Québec (CSPQ), responsable du projet RENIR, ainsi que les ministères impliqués ont aussi versé des centaines de millions à des firmes de services-conseils, selon nos informations.

Coûteux services-conseils

La firme américaine Motorola, en plus de rafler d’imposants contrats de vente d’équipements, a aussi mis la main sur le contrat initial servant à superviser l’entrée en service du réseau, l’entretien et l’installation des équipements, des terminaux et des infrastructures des sites.

Dans un contrat signé de gré à gré avec le CSPQ en vigueur jusqu’en 2015, Motorola jouit de clauses qui lui ont permis d’encaisser 59 millions $ en 2011 en raison d’une garantie et de droits de propriété exclusifs sur les équipements et la gestion du RENIR.

Entre 2011 et 2013, Motorola a notamment touché plus de 120 millions $ de contrats, d’après des documents consultés par Le Journal.

Personne chez Motorola n’a voulu discuter du projet RENIR avec nous.

«On n’a pas le temps de vous parler», a sèchement répondu un dirigeant de la firme lorsque joint par Le Journal dans ses bureaux de la métropole.


 

Somme totale inconnue

Le Centre de services partagés du Québec (CSPQ) ne semble pas connaître réellement l’ampleur des sommes investies depuis 2002 dans le projet RENIR.

Après avoir déposé une demande formelle sur les dépenses totales dans RENIR au service des communications du CSPQ, sa porte-parole a avoué ne pas connaître les sommes exactes investies directement par les différents ministères et organismes depuis 2002.

Le CSPQ ne fournit donc que le montant investi par le Conseil du trésor dans RENIR, soit «un investissement de 322 millions $», a souligné la porte-parole du CSPQ, Alexandra Reny.

Le CSPQ reconnaît que divers équipements spécialisés ont dû être acquis ces dernières années «pour répondre à des besoins particuliers de certains clients» du RENIR.
 

 

 

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