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Sécurité | Attentat

Des mulsulmans montréalais inquiets

Ils appréhendent des attentats terroristes en sol canadien

fatima maarouf
Sarah-Maude Lefebvre / JdeM Fatima Maarouf presse le gouvernement canadien de surveiller davantage la montée du radicalisme religieux au pays, afin d’éviter un «11 septembre 2001» canadien.

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Le Canada connaîtra des catastrophes semblables à celle du 11 septembre 2001 s'il continue de fermer les yeux sur le radicalisme religieux, mettent en garde des groupes musulmans qui craignent pour leur sécurité.

«Comme bien des parents, j’ai peur. Notre pays dort sur ses deux oreilles, alors qu’on se dirige vers le chaos», lance Fatima Maarouf.

En compagnie de différents groupes communautaires musulmans, la mère de famille participera ce soir à une conférence à Montréal pour «sonner l’alarme» sur les dangers qui guettent la métropole.

Choquée par l’attentat survenu à Ottawa il y a deux semaines, Mme Maarouf demande au gouvernement de mieux encadrer les mosquées et les écoles religieuses au Canada.

«Le radicalisme religieux gagne en importance et le gouvernement ne fait rien. L’attentat d’Ottawa était le fait de sympathisants à la cause. Imaginez ce que des groupes organisés pourraient accomplir.»

Des écoles sans surveillance

Elle-même fondatrice d’une école de langue et de culture marocaine, Mme Maarouf s’inquiète particulièrement de la multiplication des centres communautaires religieux à Montréal.

«Les enfants sont invités à aller y suivre des cours d’arabe et de Coran la fin de semaine. Or, ces écoles religieuses existent hors de tout contrôle et poussent comme des champignons. Certaines d’entre elles reçoivent du financement de groupes inconnus du Moyen-Orient. Quel est leur intérêt, selon vous?», questionne-t-elle.

«On ne sait pas ce qui est enseigné aux enfants qui fréquentent ces centres. C’est inquiétant», poursuit Mme Maarouf.

Encadrer les imams?

Fatima Maarouf souhaiterait également que le gouvernement encadre davantage le domaine religieux.

«Après les attentats qui sont survenus à Casablanca en 2003, où des dizaines de personnes ont perdu la vie, les autorités marocaines ont décidé de restructurer le domaine religieux. Depuis, au Maroc, les imams suivent des formations et ont des permis pour exercer. C’est une garantie pour la population. Le Canada doit faire de même», explique la femme de 39 ans, selon qui plusieurs imams montréalais parlent à peine français ou anglais.

Et la liberte de religion dans tout cela? «Je suis pour, rétorque Mme Maarouf. Mais il faut un trouver un compromis entre la liberté et la sécurité de tous.»

Recrutement en cours

Fatima Maarouf jure parler au nom de plusieurs membres de la communauté marocaine. Néanmoins, ses propos ne font pas l'unanimité. Par exemple, les organismes M Télé  et Maghreb Canada Express, des sites s'intéressant au au monde arabe, se sont dissociés de ses propos. Mais pour Mme Maarouf, l'urgence d'agir demeure.

«Quand j’ai vu ce qui s’est passé à Ottawa, ça m’a blessé dans mon coeur de Canadienne. Je ne veux pas voir d’attentats à Montréal. C’est pour cela qu’il faut prendre des mesures dès maintenant.»

«Le recrutement est déjà en cours dans plusieurs mosquées. Les groupes radicaux ciblent les sans-emploi, ceux qui se sentent jugés ou victimes de racisme. On leur dit que le Canada est l’ennemi, parce qu’il combat le groupe terroriste État islamique. On ne peut pas laisser cela aller sans rien dire.»

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