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Pipeline de TransCanada

La grande séduction des peuples autochtones

Phil Fontaine, l'ancien chef national des Premières Nations.
Photo Courtoisie Phil Fontaine, l'ancien chef national des Premières Nations.

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Les terres ancestrales sont-elles à vendre au Québec? La question se pose, alors que TransCanada projette de construire un pipeline allant de l'Alberta jusqu'au port de Cacouna, à Rivière-du-Loup.

Les Amérindiens de l'Ouest s'opposent fermement au projet, alors que ceux du Québec se montrent très intéressés.

Sur la réserve abénaquise de Wôlinak, à la hauteur de Bécancour, 200 personnes vivent sur un territoire ancestral qui longe le fleuve jusqu'aux portes du Bas-Saint-Laurent et qu'emprunte le tracé du pipeline de TransCanada.

«On a déjà négocié. On a déjà parlé, justement, de compensations, de certains droits», explique Denis Landry, chef des Abénaquis de Wôlinak.

Et ils ne sont pas les seuls: TransCanada négocie avec 155 communautés amérindiennes le passage de son pipeline, des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'à Cacouna et Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

Les services de Phil Fontaine

Au Québec, TransCanada a entrepris des pourparlers avec les Mohawks, les Atikamekws, les Hurons, les Abénakis et les Malécites. L'entreprise a engagé la firme de lobbyisme Ishkonigan, de l'ancien chef national des Premières Nations Phil Fontaine, pour approcher les communautés.

«Moi, j'aime mieux parler à Phil Fontaine que de parler à un représentant de la compagnie que j'ai jamais vu et que je ne connais pas», poursuit M. Landry.

«Il faut s'inscrire dans une démarche de connaissance. On ne peut pas juste dire: ''On ne veut pas tel ou tel projet''», explique Konrad Sioui, le grand chef de Wendake.

Il y a beaucoup d'argent en jeu. Au Québec, le projet de TransCanada s'élève à 12 milliards $.

L'entreprise offre aux communautés de faire des études environnementales qu'elle finance: une somme de 400 000 $ pour Wôlinak, et probablement autant pour Wendake.

«On soumet ça à notre population, résume Konrad Sioui. Notre population devient par le fait même informée, elle s'exprime.»

Dans les communautés, peu sont encore au courant, mais les chefs promettent de consulter leurs populations.

«On n'a pas de positionnement officiel, à savoir si on est pour ou contre. Mais ce qu'on sait, c'est qu'on ne regardera pas passer le bateau», prévient M. Landry

Dans l'Ouest, c'est principalement l'opposition des autochtones qui a fait avorter le projet d'Enbridge. TransCanada n'a pas l'intention de répéter la même erreur: en obtenant l'appui des Premières Nations, l'entreprise pourrait compter sur un allié de taille au Québec.

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