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Immigration Canada

Des pratiques «barbares» abolies au pays

Julie Miville-Dechêne
Photo d'archives Julie Miville-Dechêne Conseil du statut de la femme

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Les organismes qui viennent en aide aux femmes applaudissent le projet de loi du ministre fédéral de l’Immigration pour contrer la polygamie et le mariage forcé, des problèmes réels au Canada, ont-ils souligné.

Les organismes qui viennent en aide aux femmes applaudissent le projet de loi du ministre fédéral de l’Immigration pour contrer la polygamie et le mariage forcé, des problèmes réels au Canada, ont-ils souligné.

«C’est certainement un signal très clair qui est envoyé, que le Canada ne tolérera pas le mariage forcé», se réjouit la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne.

Le conseil demandait depuis plus d’un an déjà que les lois canadiennes soient modifiées pour contrer cette pratique.

La Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares, annoncée par le ministre Chris Alexander hier, interdira de territoire les résidents permanents s’ils pratiquent la polygamie au Canada. Ceux-ci pourraient même être renvoyés dans leur pays. Le ministre Alexander a également dit vouloir contrer les «crimes d’honneur», en faisant référence au triste cas Shafia, dans lequel trois jeunes femmes et leur mère ont perdu la vie en 2009 en Ontario.

Mariages à l’étranger

Autre changement majeur : lorsqu’il y a des motifs raisonnables de croire qu’une personne commettra une infraction liée à un mariage forcé, on empêchera que l’enfant soit sorti du pays en annulant son passeport.

«Ça va permettre de contrer le phénomène de petites filles qui sont envoyées à l’étranger pendant leurs vacances pour les forcer à se marier», note Mme Miville-Dechêne.

Il est très difficile d’obtenir des chiffres sur ce type de pratique. Mais ces cas existent aussi bel et bien au Canada.

«Pas plus tard que la semaine dernière, ici même à Montréal, nous avons été mis au courant d’une adolescente qui devait partir au Pakistan pour se faire marier là-bas», affirme Régine Alende Tshombokongo, directrice générale du Centre d’encadrement pour jeunes femmes immigrantes.

Il y a trois mois, l’organisme a déjoué un autre cas de mariage forcé, qui aurait bien pu se terminer en suicide, ajoute-t-elle.

Mais les deux femmes insistent : même si ce projet de loi était nécessaire, il ne sera pas suffisant sans davantage d’investissements en prévention et en formation.

«Les intervenants scolaires, en santé, les policiers doivent avoir des formations pour pouvoir déceler ces situations chez les jeunes filles, tranche Julie Miville-Dechêne. Changer le code criminel ne sera pas suffisant.»

Elle souligne que le terme «barbare», dans le titre du projet de loi, aurait pu être remplacé par «inacceptable», pour ne pas insulter les communautés concernées.

 

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