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Disques

Exceptionnel et de plus en plus rare

Ben Sidran
Pour Chronique Beauchesne
Photo courtoisie

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Un nouveau CD attendu par ceux et celles qui sont tombés sous le charme de sa relecture tonique et captivante du répertoire de Bob Dylan, Dylan Different (2009).

Un nouveau CD attendu par ceux et celles qui sont tombés sous le charme de sa relecture tonique et captivante du répertoire de Bob Dylan, Dylan Different (2009).

Ben Sidran est né en 1943 à Madison, Wisconsin, ville universitaire où il fait ses débuts dans The Ardells avec Steve Miller et Boz Scaggs. Il quitte les États-Unis pour le Sussex, en Angleterre, pour faire une thèse de doctorat qui sera publiée plus tard sous le titre Black Talk, une référence sur le jazz et la culture afro-américaine. Parallèlement, il renoue avec Steve Miller et participe aux enregistrements de Your Saving Grace et Brave New World (1969), de pair avec Nicky Hopkins et Paul McCartney. Pour plusieurs, ce sont deux albums marquants des années 60. Il compose Space Cowboy, un des plus grands succès du Steve Miller Band. Toujours en Angleterre, il fait des sessions pour les Stones, Peter Frampton, Eric Clapton et Charlie Watts. Puis, il revient aux États-Unis à titre de musicien de session, côtoyant Jim Keltner et Boz Scaggs, et il s’oriente désormais plus vers le blues et le jazz, mais à la manière de Mose Allison, Van Morrison, Booker T. Jones et Georgie Fame, avec lesquels il travaille. Il est aussi réalisateur, fonde sa maison de disques (Go Jazz), enseigne à l’université et produit des spectacles pour NPR. Il sort un album tous les deux ans, soit près d’une quarantaine à ce jour. Dans la veine du précédent, Don’t Cry for no Hipster, Blue Camus s’avère une fois de plus un heureux mélange de cool jazz (Rocky’s Romance, où on distingue clairement l’évocation d’All Blues de Miles Davis) et de rhythm and blues. Avec Steely Dan, lui revient la palme d’un genre qui fera la notoriété de Tom Waits et Rickie Lee Jones. Son jeu pianistique fait penser à une version groovy de Vince Guaraldi (Charlie Brown), mélodique, sophistiqué, incisif et pétillant. Il chante et rappe d’une voix de ténor feutrée et apaisante. Le propos, par contre, est souvent mordant et sarcastique, un commentaire social ou politique, un brin philosophique et portant sur Wall Street dans “A” Is for Alligator, Wake Me When It’s Over sur le Tea Party, avec de ces petites strophes splendides telles que «Because some times, good things can happen to bad people/ But man, bad people happen to good people every day»! Il y va de belles références à Camus et Garcia Lorca dans The King of Harlem. En quartette, avec des conversations sophistiquées, mais enlevantes entre piano, orgue, batterie et contrebasse, avec tension et passion dans l’air, devant public et en studio. Exceptionnel et de plus en plus rare.


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