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#AgressionNonDenoncee

Avalanche de confessions

Le mouvement #AgressionNonDenoncee prend de l’ampleur sur Twitter

L’ex-animateur de radio Jian Ghomeshi est soupçonné d’avoir agressé et harcelé plusieurs femmes.
Photo Dominic Chan, Agence QMI L’ex-animateur de radio Jian Ghomeshi est soupçonné d’avoir agressé et harcelé plusieurs femmes.

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L’affaire sordide de Jian Ghomeshi aura peut-être eu du bon. Depuis une semaine, un mouvement de dénonciation des agressions sexuelles sans précédent bat son plein sur les réseaux sociaux.

L’affaire sordide de Jian Ghomeshi aura peut-être eu du bon. Depuis une semaine, un mouvement de dénonciation des agressions sexuelles sans précédent bat son plein sur les réseaux sociaux.

«Je me suis fait agresser dans le métro l’an dernier. Je n’ai pas dénoncé, et c’est moi qui me sentais sale…», raconte une femme sur Twitter.

La Fédération des femmes du Québec a lancé mercredi la campagne #AgressionNonDenoncee sur Twitter, une version francophone du mot-clé #BeenRapedNeverReported. Depuis, un nombre incalculable de personnes ont révélé qu’elles avaient déjà été violées. Plus de 4000 tweets utilisant le mot-clé français ont été envoyés depuis mercredi, indique Influence Communication.

C’est la première fois dans l’histoire canadienne qu’un tel mouvement prend forme, croit la sexologue Jocelyne Robert, qui salue le courage des personnes qui osent dénoncer. Pour elle, cette campagne est une bonne chose et pourra peut-être encourager les dénonciations à la police et améliorer le système de justice.

Thérapie virale

Plusieurs personnalités publiques québécoises ont joint le mouvement et révélé qu’elles avaient été victimes, dont l’animatrice Vanessa Pilon, l’écrivaine Martine Delvaux, la présidente de la Fédération des femmes du Québec Alexa Conradi et la présidente du Conseil du statut de la femme Julie Miville-Dechêne.

La journaliste Sue Montgomery est une des premières personnes à avoir utilisé le mot-clé anglais, le 30 octobre dernier. Depuis, elle est bouleversée par la quantité de messages d’appuis qu’elle reçoit. Elle n’a reçu aucun message négatif, ce qui étonnant pour un phénomène viral, a-t-elle indiqué au Journal.

«C’est comme une immense thérapie de groupe», lance Dominic Arpin, spécialiste des médias sociaux. L’avalanche de tweets de confession «confirme qu’il n’y a pas de classe sociale. Pas une femme n’est à l’abri», dit Mme Robert.

«La quasi totalité des femmes de mon entourage ont été agressées. Moi y compris», avoue d’ailleurs une autre femme.

Selon Mme Robert, il est trop tôt pour affirmer que le mouvement aura un impact positif à long terme, mais elle espère qu’il amènera les hommes et les femmes à se solidariser.

Depuis une dizaine d'années, la culture du viol est de plus en plus abordée. Le contexte social était donc propice à accueillir un mouvement comme celui-là. «C’est comme un volcan endormi. Il a suffi d’une allumette pour le réveiller», illustre Mme Robert.

Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle facilitateur dans ce mouvement, explique Mme Robert. Avec Twitter ou Facebook, dénoncer devient facile. Les victimes peuvent aussi choisir de supprimer leur publication quand elles le désirent, ajoute-t-elle. Aussi, la limite de 140 caractères évite aux victimes d’avoir à donner des détails ou à répondre à des questions, abonde Dominic Arpin. Elles contrôlent le message et n’ont pas à revivre l’agression malgré elle, dit-il.

 

 

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