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Procréation assistée

Une réforme jugée discriminatoire

Annie Baillargeon
Photo Courtoisie «Cet enfant-là, on le voulait et on était prêtes à le recevoir», dit Annie Baillargeon, à propos de son petit William, aujourd’hui âgé de 17 mois.

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Enlever le droit aux homosexuels d’être financés pour leurs démarches en clinique de fertilité serait un retour en arrière inacceptable et discriminatoire, clament des parents gais comblés.

Enlever le droit aux homosexuels d’être financés pour leurs démarches en clinique de fertilité serait un retour en arrière inacceptable et discriminatoire, clament des parents gais comblés.

«Ce qui me fâche, c’est que ça laisse sous-entendre qu’on n’est pas des bons parents, alors que c’est une décision mûrie», explique Mélanie Desjardins, pendant que sa petite puce de 4 mois gazouille, à l’autre bout du fil.

Même si le ministre de la Santé Gaétan Barrette n’a pas voulu confirmer les rumeurs, tout porte à croire que la réforme du programme de procréation assistée limiterait le remboursement des démarches aux couples médicalement infertiles, selon Radio-Canada. Cela exclurait donc les couples homosexuels et les femmes célibataires, notamment.

«Je suis extrêmement déçue. Ça ne passera pas sur le plan juridique, puisque c’est de la discrimination», prévient la directrice générale de la Coalition des familles homoparentales, Mona Greenbaum.

«C’est une politique homophobe et hétérosexiste», soutient Charli Lessard, une femme lesbienne célibataire qui souhaite avoir un enfant, et qui se retrouverait donc doublement touchée par ces mesures.

Accueilli avec amour

Quand Annie Baillargeon a rencontré sa conjointe, il était clair qu’elles voulaient un enfant. Elles se sont rapidement mariées et ont entamé les procédures avec une clinique de fertilité.

Après cinq essais et un long processus émotionnel, le petit William était finalement en route.

«Ce n’est pas une décision qui a été prise à la légère. Cet enfant-là, on le voulait et on était prêtes à le recevoir, à l’accueillir avec beaucoup d’amour.»

Sans le remboursement des procédures par l’assurance maladie, il aurait été impossible pour le couple d’avoir un enfant.

«On voulait avoir notre bébé à nous. On ne voulait pas demander à un ami et qu’il puisse dire plus tard "c’est mon enfant". Pourquoi nous n’aurions pas droit à cela, comme des parents hétérosexuels infertiles?» se demande-t-elle.

Mélanie Desjardins et sa conjointe n’auraient pas pu «s’offrir» un enfant, elles non plus, sans le programme de remboursement.

«Quand on part dans une aventure comme ça, ça peut être un très long processus. Nous, ça nous a pris six essais. On voit tellement de couples aux États-Unis, qui arrêtent les démarches parce qu’ils n’ont plus les moyens.»

Et à ceux qui disent à Annie Baillargeon que son fils souffrira de ne pas avoir de père, elle rétorque : «Qui n’est pas content d’avoir l’amour d’une mère? Imaginez quand il en a deux!»

 
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