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Globules rouges

Baisse historique de la demande de globules rouges

sang
Photo Héloïse Archambault Au coût de 45 000 $, le thromboélastomètre a permis à l’Institut de cardiologie d’économiser près de 1 million $ en 2013-2014. La machine permet de déterminer quelle composante fait défaut afin de transfuser rapidement le bon produit sanguin.

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Pour la première fois de son histoire, Héma-Québec a enregistré une baisse de 5,6 % des comman­des de globules rouges par les hôpitaux, ce qui a permis d’économiser près de 5 M$.

Pour la première fois de son histoire, Héma-Québec a enregistré une baisse de 5,6 % des comman­des de globules rouges par les hôpitaux, ce qui a permis d’économiser près de 5 M$.

Cette statistique n’est pas peu banale puisque depuis 1998 l’organisme enregistrait régulièrement une croissance d’environ 3 % de la demande.

Au total, 13 755 culots globulaires de moins ont été commandés par les centres hospitaliers en 2013-2014.

Un culot vaut 345 $

Au coût de 345 $ le culot, l’économie se chiffre à 4 745 475 $.

«C’est une baisse assez importante, avoue Laurent-Paul Ménard, porte-parole d’Héma-Québec. Mais, c’est un domaine dans lequel il y a toujours des fluctuations. Et on a observé le même phénomène un peu partout dans le monde.»

Parmi les raisons qui expliquent cette baisse, on note l’arrivée de nouvelles technologies, notamment en hématologie, qui permettent de réduire la con­sommation de globules rouges.

À l’Institut de cardiologie de Montréal, un nouvel appareil a permis d’économiser près de 950 000 $ en produits sanguins depuis un an. Concrètement, le thromboélastomètre de marque ROTEM évalue la capacité du sang à coaguler et détermine quelle composante fait défaut afin de transfuser le bon produit sanguin.

Selon l’Institut, qui pense être le seul à utiliser l’appareil au Québec, les économies varient entre 17 % et 56 % selon le produit sanguin.

Moins de dons

Par ailleurs, cette baisse de la demande dans les hôpitaux a fait en sorte qu’Héma-Québec a dû réajuster le tir pour s’assurer de ne pas perdre de sang, qui devient périmé après six jours. Ainsi, 15 241 dons de sang en moins ont été réalisés en 2013-2014.

«Ce sont des gens qui donnent leur sang gratuitement, alors on ne veut pas laisser les produits se périmer, souligne M. Ménard. Comme fournisseur, on vise d’en avoir toujours en quantité suffisante. Mais, c’est de la gestion just in time.»

Ainsi, Héma-Québec a choisi d’augmenter son approvisionnement de plasma (5,2 % au cours de la dernière année).

Actuellement, le Québec a une autosuffisance en plasma de fractionnement (qui sert à fabriquer des médicaments) de seulement 16 %.

En novembre 2013, Héma-Québec a ouvert un centre de donneurs de plasma à Trois-Rivières, avec l’objectif d’augmenter l’indépendance du Québec à 30 % d’ici quelques années.

«On vise une certaine indépendance par rapport aux États-Unis, d’où on importe le plasma, souligne M. Ménard. Avec la baisse de la demande de culots, ça change globalement nos opérations. Mais, on s’ajuste. C’est toujours un domai­ne en fluctuation.»

 
55%
La composition du sang Plasma
Sert à soigner les grands brûlés, hémorragies, fabrication de médicaments (plasma fractionné)
Se conserve 1 an au congélateur.
44%
Globules rouges
Accidentés, chirurgies, patients qui souffrent d’anémie.
Se conservent 42 jours au réfrigérateur.
1%
Plaquettes et globules blancs
Plaquettes: Utiles après les traitements de chimiothérapie.
Se conservent 5 jours à la température pièce
Globules blancs: inutiles
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