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Le courrier du Doc

Il faut parfois tirer la sonnette d’alarme

Détresse psychologique

Il faut parfois tirer la sonnette d’alarme

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Madeleine, 49 ans, de Québec, me demande s’il existe une cause médicale aux différentes tueries qui arrivent ici, mais aussi un peu partout dans le monde.

Madeleine, 49 ans, de Québec, me demande s’il existe une cause médicale aux différentes tueries qui arrivent ici, mais aussi un peu partout dans le monde.

Une partie de cette réponse réside fort probablement dans la perception que la société se fait de la maladie mentale. Avec la vague lourdement médiatisée des drames familiaux et autres tueries qui sévissent depuis les dernières années, il est important de faire le point médicalement sur les informations qui circulent un peu partout. Actes de terrorisme, crise économique, séparations et divorces, sentiment de rejet et dépression sont évoqués, parfois à raison, souvent à tort, pour tenter de trouver une réponse à l’horreur provoquée par ces gestes. C’est certain que lorsqu’une mère tue ses enfants, qu’un père massacre sa famille ou qu’un homme ouvre le feu sur d’innocentes victimes, tous recherchent LA réponse qui expliquera ces tragédies.

Consulter

La grande majorité des gens consultent un médecin au moindre indice d’un malaise cardiaque, d’un trouble digestif, d’une infection ou d’une douleur quelconque. Mais lorsqu’il est question d’un mal de l’âme, d’une détresse psychologique ou de quelque autre problème mental, on dirait que c’est l’inverse: on consulte le plus tard possible et parfois, on ne consulte pas du tout, car il est trop tard, le pire est arrivé. C’est comme si tous les organes du corps, le cœur, le foie, les poumons ont le droit d’être malades, tous, sauf notre tête.

Face au mal de l’être, la plupart attendront tout simplement que ça passe, tant pour eux que pour leurs enfants. En d’autres termes, il est difficile de convaincre un individu de consulter pour lui-même ou encore d’amener son enfant à consulter, même lorsque celui-ci semble en dépression. Pourtant, une personne en dépression risque bien de s’enfoncer davantage et de plus en plus, la détresse psychologique sera grande. Il arrive un jour où cette douleur est suffisamment lourde que la personne songe que seule la mort pourra l’en débarrasser. Elle pourra même décider d’emmener ses enfants avec elle, si elle croit que ceux-ci risquent de vivre le même mal.

Sonnettes d’alarme

Il existe des indices qui devraient sonner l’alarme. D’abord la durée: contrairement à une déprime qui est passagère, une dépression est un mal qui perdure et s’amplifie. Donc, si pendant une semaine et plus, une personne ressent plusieurs des symptômes suivants, elle devrait consulter un médecin SANS TARDER. Voici les symptômes suspects: perte d’intérêt, problèmes de sommeil, changements dans l’appétit, démoralisation ou culpabilisation, perte d’énergie morale et physique, difficulté à se concentrer ou à garder sa concentration, idées suicidaires (la personne pense à différents plans pour commettre un suicide) et impression de toujours fonctionner au ralenti.

Si on consultait plus rapidement, combien de suicides, de drames familiaux ou de tueries pourraient être évités? Ça vaut au moins le coup d’essayer, il n’y a pas plus de honte à souffrir d’une dépression que d’un trouble cardiaque.

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