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Médecins de famille et spécialistes: Grandes lacunes dans la communication, révèle un sondage

Docteur - médecins
Photo courtoisie Selon le sondage, les médecins de famille québécois sont les moins bien informés lorsqu’un de leurs patients reçoit un congé de l’hôpital. Selon la FMOQ, ce manque de communication crée des délais inutiles qui nuisent à la performance du système.

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Les médecins du Québec obtiennent un des pires résultats pour la communication au sujet de leurs patients, révèle une étude internationale. Une situation qui causerait d’énormes délais dans le système de santé.

«C’est un problème majeur, constate Robert Salois, le commissaire à la santé et au bien-être. Les résultats ne sont pas surprenants, mais c’est désolant. Et ça coûte cher au système.»

Selon une étude du Commonwealth Fund, seulement 50% des omnipraticiens québécois sont avertis régulièrement lorsque leur patient reçoit un congé de l’hôpital. Il s’agit du pire résultat des pays membres qui ont participé à l’étude, en 2012.

L’exemple hollandais

À titre comparatif, 97% des omnipraticiens des Pays-Bas reçoivent cette information.

En ce qui concerne les hospitalisations à l’urgence, les résultats sont encore pires. Seulement le tiers des omni­praticiens québécois (34%) disent être informés.

Par ailleurs, 30% des médecins de famille québécois ont répondu que les spécialistes n’envoient pas «toujours ou souvent» un rapport contenant les informations cliniques pertinentes au sujet des patients.

« Deux univers »

Président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Godin, avoue qu’il a parfois l’impression que les médecins de famille et les spécialistes «vivent dans deux univers différents».

«Il n’y a pas d’explication qui permet de justifier ça, réagit-il. Ça a des conséquences sur le système et ça crée une méchante lourdeur. À un moment donné, il faut être efficaces et productifs.»

Pas surpris des résultats du sondage, le Dr Godin entend souvent des histoires où le médecin de famille rencontre un patient sans qu’il ait reçu le résultat des tests faits par un spécialiste.

«Donc les médecins perdent leur temps à courir après des résultats et ils doivent souvent remettre la rencontre. C’est du temps et de l’énergie», souligne-t-il.

Retard

Selon Robert Salois, le retard du Québec dans l’informatisation du système de santé explique en partie les lacunes de communication.

En 2010, seulement 31,6% des médecins québécois utilisaient des dossiers électroniques. Il s’agissait du pire résultat au pays, et d’un écart de près de 20% par rapport à la moyenne, à 50,2%.

«La communication est le talon d’Achille du Québec par rapport au Canada, avoue M. Salois. Il manque des outils cruciaux pour qu’on soit plus efficaces. Le fax et le courrier, c’est pénible pour le système.»

La Fédération des médecins spécialistes du Québec n’a pas rappelé Le Journal.

 

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