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Québec abandonne le développement régional à Ottawa

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Le gouvernement libéral de Philippe Couillard a décidé de laisser la responsabilité du développement économique à Ottawa en abolissant les Centres locaux de développement (CLD) et les Corporations de développement économique et communautaire (CDEC).

Le gouvernement libéral de Philippe Couillard a décidé de laisser la responsabilité du développement économique à Ottawa en abolissant les Centres locaux de développement (CLD) et les Corporations de développement économique et communautaire (CDEC).

Les responsabilités de ces organismes seront confiées aux Municipalités régionales de comté (MRC) puisque les Conférences régionales des élus (CRE) disparaîtront également.

Tous conviendront qu’il faut diminuer la bureaucratie et alléger les structures, mais les décisions que vient de prendre le gouvernement Couillard témoignent justement d’une attitude de bureaucrate dogmatique. Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a certainement inspiré le premier ministre par son dogmatisme coupé des réalités que vivent les petits entrepreneurs et les dirigeants de l’économie sociale.

Le fédéral sera seul sur le terrain

Alors que le Québec abolit ses structures de développement régional, le fédéral, lui, maintient les Sociétés de développement des collectivités (SADC) et les Centres d’aide aux entreprises (CAE). Ces deux organismes ont 70 points de service à travers tout le Québec!

Ottawa a compris qu’il est très important d’assurer une présence sur l’ensemble du territoire québécois. Le gouvernement fédéral sait aussi que les élus locaux et les entrepreneurs se tourneront inévitablement vers les services offerts par le fédéral pour s’occuper du développement régional en raison de l’abolition des services relevant du Québec.

Couillard ne parlait-il pas des demandes historiques du Québec ?

Philippe Couillard a répété à quelques reprises durant la dernière campagne électorale qu’il aimerait voir le Québec réintégrer le cadre constitutionnel canadien. Il est revenu récemment sur le sujet lors d’une rencontre avec le premier ministre fédéral Stephen Harper qui lui a signifié son peu d’intérêt pour la question.

Le premier ministre canadien croyait certainement qu’ouvrir le débat constitutionnel sur la base des demandes historiques du Québec, comme le laissait entendre Philippe Couillard, était chose fort risquée.

Parmi les demandes historiques du Québec, il y a celle de rapatrier tous les programmes de développement régional et les sommes d’argent que le fédéral y consacre. Cette revendication remonte aux années soixante sous Jean Lesage, premier ministre libéral! Tous les premiers ministres québécois depuis lors ont exigé le rapatriement des pouvoirs en cette matière, qu’ils aient été fédéralistes ou souverainistes.

Ottawa s’y est toujours opposé, comprenant très bien l’importance de sa présence à travers tout le Québec et la visibilité que cela lui apporte. On peut facilement comprendre que Stephen Harper n’ait donc pas eu le goût d’entreprendre des négociations sur la base des demandes historiques du Québec.

Sachant que pour le premier ministre du Québec le développement régional ne fait plus partie des demandes historiques du Québec, le premier ministre conservateur aura maintenant peut-être intérêt à négocier avec Philippe Couillard. Comptons-nous chanceux si Stephen Harper refuse de négocier, car le Québec risquerait de tout perdre avec un premier ministre qui se tient à genoux!

On réalise que non seulement l’actuel gouvernement est en train de démanteler tout le modèle québécois, plutôt que de l’améliorer, mais qu’en plus il renie l’héritage de tous ses prédécesseurs.

 

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