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Où vont vos impôts ?

Un député part avec des ordinateurs

La Commission scolaire des Affluents exige que son ex-président lui rende son matériel

Yves St-Denis
Photo le Journal de Montréal, Isabelle Maher La Commission scolaire des Affluents demande à son ex-président Yves St-Denis de lui rapporter son matériel informatique ou de l’acheter pour un montant de 1000 $.

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Sept mois après avoir quitté la Commission scolaire des Affluents, le député libéral Yves St-Denis refuse toujours de rendre le matériel informatique qui appartient à son ex-employeur.

Sept mois après avoir quitté la Commission scolaire des Affluents, le député libéral Yves St-Denis refuse toujours de rendre le matériel informatique qui appartient à son ex-employeur.

À la Commission scolaire des Affluents (CSA), le malaise est palpable.

On n’exclut aucun moyen pour récupérer le matériel, y compris le recours à un huissier.

«On ne comprend pas trop la situation. Elle sera présentée au prochain conseil des commissaires qui prendront une décision. On veut juste récupérer notre matériel», explique le porte-parole Éric Ladouceur.

La CSA, touchée comme toutes les au­tres par des compressions budgétaires décrétées par le gouvernement Couillard, tente depuis des mois de convaincre son ex-président, maintenant député d’Argenteuil, de lui remettre deux ordinateurs, une imprimante et une tablette électronique.

Pas négociable

M. St-Denis, qui présidait la Commission scolaire des Affluents depuis 2007 avant son élection, avait son bureau à la maison.

Peu après son départ, la CSA lui a demandé de rapporter les équipements lui appartenant.

«On lui a aussi offert d’acheter le matériel pour un montant de 1000 $ s’il préférait», indique M. Ladouceur.

Selon la CSA, M. St-Denis aurait refusé les deux options et aurait plutôt tenté de négocier un rabais avec la commission scolaire.

Celle-ci lui a envoyé un ultime avis en septembre dernier.

«Ce n’est pas négociable. Nous avons traité M. St-Denis de la même manière que tous les autres présidents qui ont quitté la commission scolaire avant lui. C’est une question d’équité. Le matériel doit nous revenir», dit M. Ladouceur.

« Je ne me cache pas »

Contacté par Le Journal, le député d’Argenteuil a indiqué qu’il attendait toujours que la CSA lui fasse une «contre-offre».

«Quand j’ai commencé à travailler à la commission scolaire, j’utilisais mes propres ordinateurs portable et de bureau par souci d’économie. Je les ai usés. La CSA en a acheté d’autres par la suite. Je considère qu’ils ont remplacé mon équipement», dit-il.

«Là, je me retrouve sans ordinateurs. Quand je vois combien la commission scolaire me demande, je trouve ça un peu cher, comparativement à l’argent que je leur ai fait économiser en utilisant mes propres ordinateurs au départ.»

Ce dernier jure qu’il ne se «cache pas avec l’équipement».

Toutefois, bien que le litige touche deux ordinateurs, il n’a toujours pas rendu non plus la tablette électronique et l’imprimante qui appartiennent à la commission scolaire.

Visite de l’UPAC

Ce n’est pas la première fois que M. St-Denis défraie la chronique.

Le Journal révélait en 2012 que l’ex-président avait reçu la visite d’enquêteurs de l’UPAC concernant un contrat de 465 000 $ que la CSA avait accordé à Rogers Communications pour l’achat et l’entretien de 300 téléphones cellulaires.

M. St-Denis détenait alors 10% des parts de la boutique Rogers de Terrebonne à qui avait été en partie octroyé le contrat.

Ce dernier avait nié avoir fait l’objet d’une enquête ou d’une perquisition.

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