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Santé mentale

À la rescousse des citoyens en détresse

L'urgence psychosociale-justice du CSSS Jeanne-Mance existe depuis 1996, mais bien peu de gens connaissent son existence.
Photo Joel Lemay / Agence QMI L'urgence psychosociale-justice du CSSS Jeanne-Mance existe depuis 1996, mais bien peu de gens connaissent son existence.

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Les problèmes de santé mentale sont de plus en plus nombreux à Montréal. Selon des statistiques de l’Agence de la santé, 28 % des femmes souffrent de détresse psychologique contre 21 % des hommes; et la majorité d’entre eux vivent en milieu défavorisé.

Une équipe de TVA Nouvelles a accompagné un groupe de gens qui leur viennent en aide, dont des psychologues, criminologues, infirmières et travailleurs sociaux du CSSS Jeanne-Mance.

Premier arrêt: les bureaux de l'Urgence psychosociale-justice, au centre-ville de Montréal. «Il y a quelqu'un qui a envoyé des messages téléphoniques et qui menace de se suicider», a dit Nicolas Bourdet, d'Urgence psychosociale-justice.

Aussitôt, un criminologue et une intervenante en psychologie se joignent à des policiers du nord de la ville qui ont été alertés. Ils effectuent une descente chez un jeune homme qui ne donne pas signe de vie depuis quelques jours.

La pression tombe lorsqu'il ouvre la porte.

Son appartement est délabré. Les policiers mettent la main sur des médicaments qui ne lui appartiennent pas. Sur son lit, qui semble ne pas avoir servi depuis plusieurs jours, ils découvrent une corde. Il a peut-être essayé de s'enlever la vie.

Ce jeune homme est connu du système de santé. «Il a été évalué il y a quelques jours dans un hôpital, mais ils ne l'ont pas gardé», a dit Nicolas Bourdet.

Il accepte d'être transporté à l'Hôpital Louis-H. Lafontaine, où des soins lui seront prodigués.

Spécialistes au CSSS Jeanne-Mance

L'urgence psychosociale-justice du CSSS Jeanne-Mance existe depuis 1996, mais bien peu de gens connaissent son existence. «C'est une équipe spécialisée pour aller évaluer l'état mental des personnes et aller estimer la dangerosité là où les personnes se trouvent, sur l'île de Montréal», a précisé M. Bourdet.

Trente personnes se relaient 24 heures sur 24, 365 jours par année, et disposent d'un budget de 1,2 million de dollars pour payer les salaires.

«Cinquante pour cent des appels nous viennent des policiers, le reste des CLSC, des refuges», a dit Jason Champagne, un directeur du CSSS Jeanne-Mance.

Plus tard dans la journée, l'équipe est appelée dans un refuge de Montréal. Un sans-abri présente un comportement violent. Lui aussi est connu des intervenants. Il a besoin de soins.

L’homme est conduit à l'Hôpital Notre-Dame. L'important est aussi d'agir avant qu'il commette un geste qui le conduirait devant la justice.

Au même moment, un jeune homme violent est expulsé d'une école pour adulte dans l'Est de la ville. La direction de l'établissement nous refuse l'accès.

Il finit par entendre raison et ira chercher de l'aide auprès d'un organisme communautaire.

Chaque année, l'Urgence psychosociale-justice intervient 2 500 fois comme, par exemple, pour venir en aide à une jeune femme qui menace de se suicider ou encore, quelques kilomètres plus loin, auprès d'une autre qui en est venue aux coups avec la concierge de son immeuble.

La petite équipe est débordée. «On ne peut pas répondre à la demande», déplorent les intervenants.

Et pourtant, dans l'ombre, Urgence psychosociale-justice sauve des vies et des coûts énormes aux systèmes de santé et de justice.

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