/entertainment/music
Navigation
Daniel Boucher

Daniel Boucher: Plaisir temporaire

Daniel Boucher.
Photo Toma Iczkovits / Agence QMI Daniel Boucher.

Coup d'oeil sur cet article

«On commence tu ça ?», «Certain ?», «Ok», «On y va». C’est sur ces paroles projetées l’une après l’autre que Daniel Boucher a donné le ton à son premier spectacle en cinq ans à Montréal, mercredi soir, devant un Club Soda presque bondé, dans le cadre du festival Coup de cœur francophone.

Visiblement heureux de revenir sur scène après tant d’années, l’auteur-compositeur-interprète montréalais a donné un généreux spectacle, principalement axé autour des pièces de son quatrième et plus récent album, Toutte est temporaire.

Accompagné par Jean-François Déry à la basse et son fidèle allié Sylvain Clavette, à la batterie, le chansonnier a renoué avec ses admirateurs, dévoilant toute la fougue qu’on lui connaît.

Après la rassembleuse La langue en introduction, une relecture funky d’un discours nationaliste d’Yvon Deschamps projeté pour l’occasion, Daniel Boucher est arrivé sur scène, guitare à la main, sourire en coin, en amorçant une série de nouvelles chansons : la contagieuse (et répétitive) Scusez menutte, l’ensoleillée Embarques-tu ? et la puissante La piasse est morte.

«Je t’aime Daniel»

«Vous êtes là ! Ça fait tellement longtemps ! J’espère que vous savez que chu content que vous soyez là», a déclaré le musicien, sous une pluie de «Je t’aime Daniel» bien sentis, avant d’y aller avec les plus intimes À ma place et, surtout, Toutte est temporaire, touchante réflexion sur le caractère éphémère de la vie.

«J’m’ennuie de vous autres l’autre bord de la côte. J’espère qu’on s’attend», a-t-il chanté haut et fort pendant la pièce-titre, devant un public suspendu à ses lèvres.

Évidemment, Boucher a revisité ses vieux succès, le temps d’un long pot-pourri fort apprécié du public. «Y’a pas personne de pressé ?», a-t-il demandé, avant d’entonner son plus grand classique jusqu’à maintenant, La Désise. Sans interruption, il a ensuite livré des versions écourtées d’une dizaine de ses célèbres pièces, notamment Un inconnu, Aidez-moi, Boules à mites, Chez nous  et Le vent soufflait mes pellicules, pour le plus grand plaisir de la foule qui chantait à l’unisson.

«Vous étiez supposés de partir !»

Puis, une autre série de nouvelles chansons: la déchirante Mont-Louis, la psychédélique Salon magique et l’intime Granby.

Pendant le solo de guitare de la désinvolte Qu’est-ce qui reste à faire ?, le chanteur a enjoint la foule à le suivre vers la sortie, encore une fois à l’aide de paroles projetées en arrière de lui. Pas certaine, la foule a préféré regarder le chanteur montréalais quitter la scène, puis le parterre, plutôt que de le suivre vers l’extérieur.

Insatisfait de l’attitude de la foule, Boucher est retourné sur scène pour clarifier sa volonté. «Vous étiez supposés de partir ! On n’a pu de tounes, on a joué tout l’album», a-t-il envoyé, suscitant à la fois le rire et le questionnement chez son public. «On va recommencer. J’vais partir le premier, mais je referai pas le tour du bloc deux fois. Y’a des travaux en plus !»

Le chansonnier est alors allé jouer de sa guitare électrique proche de la porte d’entrée de la salle, recueillant accolades en tous genres.

Les spectateurs ont tranquillement passé la porte avec, en tête, les souvenirs d’un spectacle qui, malgré son côté temporaire, restera longtemps en mémoire.

Commentaires